mercredi 28 octobre 2009

115- Je retourne ma veste


Ca faisait un certain temps que je n'avais pas pris le temps de me poser devant mon écran d'ordinateur et de réléchir, d'écrire.

La vie à Dublin, avec son compte à rebour qui défile à toute allure, ne me laisse pas forcément le temps d'etre aussi régulière que je voudrais, devrais etre.

Mon excuse pour ne pas avoir écrit depuis bientot une semaine, c'est la fete d'Halloween... Si en France, on y est très réfractaire, ne voulant pas adhérer à cette fete exportée par les U.S.A qui n'est qu'une vaste usurpation de notre traditionnel et ancestral carnaval, à Dublin, ça fait partie de leur culture, de leur patrimoine, de leur vieilles légendes.

Alors à Dublin, fais comme les Dublinois...

De toutes façons, il s'avère assez difficile d'échapper à l'ambiance d'Halloween. Tous les magasins se parent de toiles d'araignée gigantesques et de squelettes fluorescents. Toutes les boutiques du genre "Tout à deux euros" n'ont plus que des bougies chauve-souris, des bonbons en forme d'oeil, des dents de vampire dans leurs rayons.

Impossible de passer à coté, de ne pas se laisser happer par l'atmosphère à la fois festive et sombre de ce 31 octobre.

Du coup, pour montrer notre grande capacité d'adaptation, nous avons organisé une "Halloween's party" absolument démentielle à l'appartement.

Entre la femme zombie (moi), Charlie Chaplin, une boule à facettes, des travestis, un vampire, une mère Noel sado-maso (Antoine) on se demandait tous où était Charlie ? Soit Thiago notre ami brézilien avec son charmant bonnet à pompon rouge.



Bref, la musique à fond, l'alcool à flot, les bonbons à gogo, et les toiles d'araignée de partout, tout ça pour une bande d'adulescents plus ou moins sobres et plus ou moins fetards, mais dans une ambiance réellement bon enfant.

En gros, j'ai complètement retourné ma veste, car je faisais partie des Anti-Halloween, je dois le dire. Je regrettais que cette fete barbare prenne le dessus sur notre bon vieux carnaval avec ses crepes et ses bugnes et tout et tout.

Mais après avoir vécu un Halloween dans la patrie d'origine de cette fete, je le garantis, ça en vaut la peine, et c'est vraiment marrant.

Bon, j'ai pas tellement de choses à dire, mais plutot plein de photos à vous montrez... Certaines ici, d'autres sur mon facebook. Avis aux amateurs, tentez de me reconnaitre parmi cette foule et surtout de trouvez Charlie...

dimanche 25 octobre 2009

114- It was legend...ary...

Nous sommes de retour de Galway et ses alentours plus tot que prévu certes, mais notre périple dans le Connemara restera, j'en suis sure, une anecdote croustillante et hilarante de notre année à Dublin.

Meme si sur le moment, on n'a pas toujours ri, enfin surtout moi qui n'arretais pas de me plaindre et de geindre, c'est une de ces histoires qui fera toujours sensation dans les soirées et pendant laquelle les gens feront des "oooooh" et des "aaaaaah" et "non, c'est pas vraiiiiiiii" ou encore "pas croyaaaaaaaable" quand nous la raconterons.

Alors, préparez-vous au pire et on commence illico presto en squizant les 4 heures de bus durant lesquelles on a bu de la vodka en jouant au jeu universel du "je n'ai jamais..." ou "I have never..." pour les anglophones, avec nos amis les rosbeefs. Car oui, nous sommes partis avec des Anglais, honte à nous, nous avons pactisé avec l'ennemi...

Le fait est que Matilda et Joe sont un couple charmant et qu'on a vraiment passé de bons moments avec eux dans notre périple commun.

Le premier soir, direct arrivés à Galway, nous sommes allés au pub, avec l'espoir de rencontrer du vrai et robuste irish et d'avoir la chance de se faire héberger chez eux, histoire de vivre chez l'habitant. Bon, de vrais Irlandais, on en a rencontrés, mais ils n'ouvrent pas facilement , meme pas du tout la porte de chez eux.



Mais surtout on est tombé sur un Français super relou. Le genre de gars qui veut aller à Bombay en Chine et qui veut l'anarchie mais avec ses propres règles et qui crache sur la société mais est bien content de toucher le RMI et autres aides sociales et il nous a tenu la jambe toute la soirée... Fantastique.

Mais bon, la soirée a quand meme été rocambolesque, surtout en ce qui me concerne vu que j'ai fait l'erreur fatale de mélanger du Coca et du Baileys dans mon estomac qui n'a pas bien supporté... Ah, ça je les ai connues les toilettes du pub, très bien meme.

Du coup, à 3H du mat, nauséeuse, trempée et frigorifiée, j'ai supplié Antoine de remettre au lendemain notre nuit à la belle étoile et de prendre une chambre dans une auberge de jeunesse.

Le lendemain, après une nuit au chaud et une bonne boite de thon, direction la gare routière, une autre destination, Clifden, en plein centre du Connemara. Le temps du trajet, une heure et demie, on en a déjà pris plein les mirettes, avec en continu dans la tete, la chanson de M. Sardou qui prenait effectivement tout son sens face aux paysages tout simplement incroyables de la lande irlandaise.



Et arrivé sur place, gourmands d'autres sensations, nous sommes partis trois heures en balade sur les chemins de campagne, pour revenir le souffle coupé par tant de beauté sauvage, mais aussi par un vent de malade, à la limite de l'ouragan et la fatigue d'une bonne quinzaine de kilomètres dans les jambes. Donc, direction le pub, un irish coffee, et c'est reparti, un passage par supervalue, le temps d'acheter une bouteille de vodka et une de coca et on recommence....

Des concerts dans tous les pubs, des gens vraiments accueillants, la campagne irlandaise n'a rien à voir avec Dublin, elle est dix fois mieux, j'irais meme jusqu'à dire que j'en suis tombée éperdumment amoureuse. Bref, on a chanté sur Nirvana avec la chanteuse du groupe local qui nous tendait son micro tout en secouant ses cheveux noirs et rouges dans tous les sens... Sacrée ambiance... On s'est fait draguée, offrir à boire, enfin moi surtout...

Et il a fallu tenir parole cette fois-ci et assumer notre mince budget. Durant notre balade, nous avions repéré une église, et "la maison du Seigneur étant soi-disant toujours ouverte", nous pensions passer la nuit dedans. Mais, comme par hasard, c'était fermé, le droit d'asile est une valeur morte et enterrée, hélas. Du coup, on est allé vers la seconde église (car oui, ils en ont deux, au cas où, sait-on jamais...lol) tenter notre chance, et là, on tombe sur de grandes toilettes publiques avec un dryer (entendez par là sèche-mains).



Du coup, ni une, ni deux, on s'installe, mais on était trempé à cause de la pluie et frigorifiés à cause du vent. Du coup, le dryer a fonctionné toute la nuit en guise de chauffage... Une nuit mémorable dont les détails vous seront mieux racontés de visu.

Qu'il me reste quand meme des choses à dire quand je rentrerai en France, hein ?

Alors voilà, une moitié de nuit passée dans les toilettes publiques handicapées et l'autre dehors à greloter en s'occupant comme on pouvait (boite de thon...), la nuit ut blanche et loOOOongue à cause du changement d'heure.

A 7H15, le bus pour Galway est arrivé, comme des éperdus naufragés, nous nous sommes rués à l'intérieur (ah bah bravo une nuit dehors et ça chouine déjà, vive la jeunesse, hein ?), nous pensions, à tort, que nos galères étaient terminées.

Mais, croyez-moi, le retour en bus fut "frappant", on se serait pris pour une poelé de légumes (dixit Antoine) joyeusement sautée dans la poele tellement le chauffeur conduisait comme un barbare et tellement les routes du Connemara sont truffées de nids de poules.

Nous avons manqué plusieurs fois d'etre délogés de nos fauteuils, et notre irrépressible envie de dormir a été bien mise à mal...

Enfin ça aura été "legendary" comme le dit si bien Barney...

jeudi 22 octobre 2009

113- A nous les p'tits roux...

L'Irlande ne se résume pas à Dublin, bien que ça en soit la capitale et une ville extremement dynamique, éclectique et regorgeant de trésors de toutes sortes.

Comme le dit si bien notre Michel Sardou national, il y a "là-bas au Connemara, on dit que la vie c'est une folie et que la folie ça se danse..."

Vous aurez donc deviné, demain, à 16H, sac sur le dos, k-way sur les épaules, et appareil photo en main, nous prenons un bus direction Gallway, ou la porte du Connemara, pour une durée plus ou moins variable. Entre trois et cinq jours selon les recontres heureuses ou non, que nous ferons, ou pas.

A la base, nous voulions faire ce périple en stop, histoire de multiplier nos chances de rencontre et de découverte, et aussi préserver notre mince pécule. Mais il se trouve que le guide du routard a menti allègrement dans sa version 2008, le stop est si ce n'est interdit, fortement déconseillé en Irlande depuis une sombre histoire de viol quelques années auparavant. Tous nos amis irlandais se sont empressés de nous prévenir, personne ne nous prendra, le stop, c'est trop mal.

Un peu déçus, mais pas démotivés pour autant, nous nous sommes rabattus sur l'option bus qui reste la moins chère et de loin, 17 euros l'allé-retour, ça reste correct et largement abordable.

Cependant, afin de ne pas exploser notre budget plus que nécessaire, nous avons décidé de rogner sur la bouffe, après tout, en Irlande, vue la gastronomie locale, manger est vraiment secondaire.

Ainsi, après avoir fait une razzia à Liddl, voilà notre menu pour les cinq jours à venir... Conserves de thon à l'huile de tournesol et boites de beans à la tomate, que nous dégusterons froides évidemment. Alléchant programme, n'est-il pas ?

Mais bon au moins, on mangera pour moins d'un euro par repas et nos sous, si rares, pourront etre dépensés dans des choses plus utiles et agréables, tels les pubs.

Alors voilà, mes fidèles lecteurs, il va y avoir une pénurie d'articles dans les jours à venir, mais ne vous affolez pas, c'est pour mieux vous raconter un périple qui s'annonce comme prometteur et riches en anecdotes toutes plus cocasses les unes que les autres.

J'espère que vos pensées nous accompagneront et que vous baverez d'envie devant les futures photos.

Mouahahahahahahah, à nous les p'tits roux.

mercredi 21 octobre 2009

112- Entrez dans Dublin

S'il s'agissait d'etre honnete à 100%, d'etre complètement objective, absolument neutre comme la Suisse, bref de faire abstraction de tout ce qui me pousse à aimer Dublin et à trouver que c'est une ville fantastique, je devrais admettre que les premières fois où je m'y suis baladée, j'ai trouvé ça plutot... GLAUQUE.

Ca y est, j'ai réussi, je l'ai dit... C'est assez difficile d'avouer sa propre déception face à la réalisation d'un projet qui nous tenait extremement à coeur, et surtout face aux gens pour qui notre départ a été un choix difficile à accepter. Mais qu'est-ce que ça soulage...

En effet, Dublin, comparée à Lyon, c'est une ville grise, à l'architecture plutot rudimentaire et pauvre, sans panache, sans devantures attrayantes, sans terrasses de cafés colorées et vivantes. Une sorte de ville fantome nageant dans le brouillard.

Brrrrrrrr

Mais il faut toujours creuser au-delà des apparences, et encore plus à Dublin. Là, où à Lyon, une vitrine attrayante peu déboucher sur un bistrot plutot minable et cher pour ce qu'il sert, c'est souvent le phénomène inverse ici.

Des pubs plutot moyens en apparence se révèlent etre des endroits luxueux, branchés et surtout ultra spacieux à l'intérieur, et plus précisément au sous-sol, "in the basement".

Comment expliquer l'effet de surprise si agréablement euphorique, quand au détour d'un escalier on se retrouve face à une immense pièce au plafond vouté soutenu par de grandes colonnes toutes recouvertes de mosaiques, et bondée de gens dansant et se trémoussant sur les Black eyes peas, I gotta feeling...

Le choc des cultures, le choc des climats. Habitués à la pluie, aux radées incessantes, au crachin permanent 10 mois sur 12, les Irlandais ont désertés les rues de leur ville pour aller se réfugier sous terre dans des endroits tous plus surprenants les uns que les autres.

Cette activité souterraine répandue dans tout Dublin explique et excuse largement l'absence de métro. Dublin est une ville cachée, camouflée, emmitouflée pour se protéger du froid et de l'humidité.

En plus de boire plus que de raison des bières plus fortes que la moyenne, ils se sont rassemblés dans des sous-sols chauds et les ont aménagés en repère festif et convivial et élégant et cossu.

Bref, à Dublin, il ne faut jamais hésiter à pousser la porte d'un pub, meme anodin au premier abord, et biensur oser descendre les escaliers, ou encore les monter jusqu'aux terrasses sur les toits si l'on veut se griller une cigarette.

Ma déception n'aura donc été que de courte durée et aura vite cédé la place à l'enchantement et l'ébahissement. Mais il faut le savoir, sinon, on a vite tendance à se dire que les gens ont fait une montagne d'un monticule et ont exagéré le coté fetard de Dublin.

Non, "A Dublin, tout se passe dedans", dixit Antoine, voilà tout.

mardi 20 octobre 2009

111- Miam, miam, miam


La piscine, oui je sais, j'en parle souvent, d'un coté, j'y vais tous les jours de la semaine, alors il y a matière à écrire.

Aujourd'hui, je vais m'étendre sur le coté très sexuel de cette pratique sportive. C'est d'ailleurs une des raisons qui me fait aimer ce sport, en plus du fait que tu ne finis pas rouge et suante comme une tomate abandonnée en pleine canicule car l'eau te garde fraiche et pimpante... Enfin presque pimpante, le bonnet c'est pas non plus le must du sex-appeal, on est d'accord.

Les rois du bitume qui se lèvent aux aurores pour aller user leurs baskets, les as de la raquette qui envoient des boulets de canon en guise de balle, les pros du ballon rond qui font des cabrioles et des effets de style tout en courant comme des dératés, ça ce n'est pas mon truc. Loin de là.

Mais la piscine, c'est un sport agréable pour les non sportifs tels que moi, déjà, si tu sais un minimum nager, tu ne passes pas pour un crétin dès les 10 premières secondes en ratant un panier ultra facile, ou encore en te prenant la première racine d'arbre sur la piste et en t'écroulant, ou pire en marquant un but contre ton propre camp. Non, à la piscine, ta nullité est camouflée...

Mais les corps eux sont bel et bien visibles. Ces larges épaules puissantes qui fendent l'eau lors d'un crawl captivant. Ces torses musclés qui émergent de l'eau pour le plus grand plaisir de mes yeux.

Car oui, à la piscine il y a une grosse majorité de males, 80% je dirais, mais ce n'est pas pour me déplaire... Le choix est plus vaste et la concurrence réduite.

Ensuite, il y a ces deux pièces sombres et confinées que sont le hammam et le sauna. Vous me croyez si je vous dis que cet après-midi, j'étais la seule fille au milieu d'une demie douzaine d'hommes à la virilité incontestable, dont un qui s'étirait langoureusement alors que la sueur ruisselait le long de son dos musculeux.

Ah, heureusement que les vapeurs excusaient mes rougeurs et mon souffle saccadé, sinon, j'aurais eu du mal à cacher mon émoi.

En tout cas, ces vingt-cinq minutes entourée de robustes spécimens de la gente masculine, tous transpirants, tous serrés les uns contre les autres, tous dévetus... J'en ai encore des bouffées de chaleur, non plutot des papillons dans mon bas ventre rien que d'y penser.

Mais le meilleur est pour la fin. Les douches des filles. Après une bonne dose de testostérone, quoi de meilleure que la plus impudique des nudités féminines ? Tous ces corps imparfaits mais o combien sensuels et charnels, se frottant avec des savons parfumés sucrés, et l'eau qui ruisselle sur toutes ces courbes, et sa propre nudité face aux autres.

C'est bien simple, meme si je suis complètement vannée après un kilomètre de nage et des litres de transpiration, mon appétit sexuel lui est décuplé quand je sors de la piscine.

Bon ce soir, un bon repas entre amis aura du combler seul cette envie mais demain, Eamon sera dans les parages...Miam...

dimanche 18 octobre 2009

110- Tintin en Irlande, à la recherche des phoques près du fish and chips


Ce fut un dimanche ma foi bien chargé...

Après avoir épluché une douzaine de patates pour cuisiner un hachis parmentier maison des plus succulents, mes hotes pourront le confirmer d'ailleurs, nous nous sommes rendus à Connely Station, direction Howth, ou Dublin 13, pour rendre visite à Anna, une Irlandaise francophone, totalement bilingue.

Evidemment, nous avons raté le Dart de 15H, comprenez le RER parisien, et nous avons du attendre 40 minutes sur les quais le suivant. Ce qui aurait été moins grave si dans notre course folle pour tenter d'avoir celui de 15H, je n'avais pas perdu mon tabac, qui est tombé de ma poche... Coincée 40 minutes sur les quais, sans possibilité de retourner acheter un paquet, car en Irlande, l'entrée d'une gare, c'est comme le métro à Lyon, tu as les portes avant d'accéder aux quais, du coup, si tu ressors, tu repayes... Bref, heureusement une bonne ame m'a offert une blonde...Merci.

Arrivé à destination, c'était Dublin, sans etre Dublin. On se serait cru dans un petit village typique en bord de mer. Il y avait un marché, des stands qui fleuraient bon les épices, le fromage, les crepes, de quoi faire saliver. Mais nous, nous sommes allés dans une poissonerie demander des entrailles de poisson... Mais pourquoi ??? Ils mangent des entrailles de poisson en Irlande ???

Les phoques, oui. Dans ce coins retiré de Dublin, une petite colonie de phoques a élu domicile dans les eaux portuaires, et biensur n'en bouge plus car tous les jours, les gentils poissoniers leur font profiter des excédents de leur peche. Bref, nous avons bien passé vingt minutes à s'amuser de les voir nager, à leur lancer des belles tetes de poisson puantes et gluantes, et à les admirer se régaler avec.

Ce qui nous a donné faim, donc, évidemment, direction un fish and chips.

Ensuite, Anna nous a tout naturellement proposé de rejoindre son frangin... au terrain de golf. Le seul et unique terrain de golf public d'Irlande.

Et là, ça a été du pur délire... Mon doigt en garde encore des traces. C'est bien plus physique qu'on ne le croit le golf et vraiment difficile, mais c'est aussi l'occasion de bien s'amuser. Rien que la position est assez cocasse en soit.

Bref, je suis lessivée, entre le hachis parmentier, le Dart, les phoques, le fish and chips, le golf, le dart, le hachis parmentier (les restes), bah ça fait beaucoup pour un lendemain de soirée.

Mais ça a fait du bien de sortir un peu de la ville, meme si on est fondamentalement restés à Dublin et de voir un peu du typique, du vert et surtout d'etre dehors.

Car à Dublin, tout est caché, underground, tout se passe dedans, mais ça, ça fera l'objet d'un futur post...

samedi 17 octobre 2009

109- Les phases régressives


Vous connaissez le phénomène de phases régressives. Inexplicable, incontrolable et surtout mémorable, en ce qui me concerne.

En ce moment, je suis en plein dedans, et cela s'exprime de diverses manières.

Tout d'abord, je ne tiens plus l'alcool, je suis revenue au stade des cuites adolescentes où tu vomis trois fois dans la nuit, et encore une fois sur le matin, et où tu as la nausée des heures durant.

Hier soir, réduite à l'état de loque, j'étais franchement pas jolie à voir, et ça faisait très longtemps que je n'étais pas tombée aussi bas. Meme pas capable de faire l'amour, c'est dire à quel point je me suis mise minable.

Je me demande s'il n'y a pas un lien avec la piscine ? Comme si etre sportive et etre fetarde appartenaient à la meme capacité et que plus tu es l'un moins tu es l'autre et inversement... A réfléchir...

En tout cas, ça fait deux soirées de suite que je finis bien avant la fin et que je ne vais pas jusqu'au bout de la nuit, comme la warior que j'étais, que je devrais encore etre.

Donc ce soir, modération sera le mot d'ordre, histoire de voir si j'ai vraiment ou non perdu momentanément mon don de buveuse et si j'entame une grosse phase régressive, ou si c'était simplement passager et éphémère...

Le test de la tete au-dessus de la cuvette sera décisif. Croisons les doigts.

Mais, à part mon seuil de tolérance à l'alcool, j'ai récemment remarqué que mon niveau d'anglais stagne à nouveau. Si j'ai amélioré ma pratique de la langue de manière phénoménale ces deux derniers mois, ça fait une semaine que j'ai l'impression de ne plus rien capter, de ne plus trouver mes mots, de ne plus avancer.

Je fais répéter tous les gens cinq fois quand ils parlent, pour parfois hocher la tete en faisant mine d'avoir compris, alors que j'ai toujours pas capté... Mais le pire c'est que je perds aussi mon français, en ce moment, ça m'arrive des douzaines de fois par jour de ne pas trouver mes mots dans ma langue maternelle, de l'avoir sur le bout de la langue mais de ne pas réussir à mettre la main dessus...

Bah quoi, c'est pourtant facile de mettre la main sur le bout de la langue, non ?

Ah... Ah... Ah...

Et puis, il y a mon sommeil, moi qui suis une groOOOosse dormeuse, le genre à faire sans problème des tours de cadran voire plus, le genre à dormir à poings fermés meme si il y a un boucan d'enfer autour, le genre à s'endormir comme une masse après trois lignes d'un bouquin, bah je suis en panne.

Je me réveille tous les jours avant midi (bon aussi à cause des putains de travaux à deux mètres de notre fenetre, un marteau piqueur, c'est pas non plus très discret faut l'admettre), j'ai du mal à trouver le sommeil, mais surtout, je ne dors plus profondément. Maintenant j'engueule Antoine parce qu'il ronfle, alors que pendant six mois j'ai dormi à moins de dix centimètres de lui et j'ai rien entendu, je me réveille toutes les deux heures parce que je meurs de soif...

Bref, je suis toute cassée. Je crois qu'il faut que j'arrete de me leurrer, je suis en pleine phase régressive. Tout tend à le montrer. Donc, d'avance, ce soir, si je suis sans dessus dessous, après quelques verres et que les toilettes deviennent mes meilleures amies, soyez indulgents avec moi, c'est indépendant de ma volonté.

Satanée phase régressive, vivement qu'elle se termine.

jeudi 15 octobre 2009

108bis- Afin que son orgueil soit vénéré

En parlant de l'impossibilité de comprendre les hommes. Il y a une personne qui, elle, en revanche, les cerne sans aucun problème et arrive meme à prévoir leurs réactions dans les moindres détails.

Aujourd'hui, elle m'a dit, " Je te parie que le gros petit vilain va me sourire en rentrant en cours et s'asseoir à la chaise devant nous."

Ok, pari tenu, et quelle n'a pas été ma stupéfaction, de voir le gros petit vilain se diriger sur la chaise juste devant nous, alors que la moitié de la salle était encore vide et se retourner pour lancer de son plus vilain sourire "Hi".

La psychologie masculine n'a donc aucun secret pour cette personne ?

Il est vrai que toutes les fois où nous sommes sorties ensemble sur Lyon, je ne suis jamais rentrée dormir seule, ses conseils et son aide précieuse portant toujours leurs fruits.

C'est dingue. Enfin, finalement pas tant que ça, puisque cette personne n'est autre qu'Antoine, pour ceux qui ne l'avaient pas encore deviné.

Mais quand meme, avoir autant d'assurance et de certitude et à raison, ça méritait bien un bis.

108- Du grand latin...

Bon, la vie à Dublin, je commence à m'y faire...

Finir les soirées tot, donc, de ce fait, les commencer très prématurément, ça je gère, les gens avec qui je suis sortie hier pourront le confirmer, ainsi que les toilettes du pub...Meme si j'avais quand meme une grosse heure de retard... Mais bon, on ne se refait pas en deux mois à peine...

N'avoir que six heures de fac par semaine rassemblées sur deux jours, avec le reste du temps pour soi, je m'y habitue sans trop de difficultés. J'arrive sans trop de mal à occuper tout ce temps libre, entre les sorties, le sport, les mecs, internet, le ménage de l'appart' ( puisqu'il semble qu'à la majorité machiste de la colocation, j'ai été officiellement élue conchita de ces messieurs... Bah oui, c'est bien connu, voyons, les femmes, le ménage elles adorent ça...)

Marcher, encore et toujours, pour tout et n'importe quoi, lever le point après ces satanés conducteurs qui se croient tout permis, du genre rouler à droite et manquer d'écraser une jeune Française encore mal acclimatée. Mes pieds et mes cuisses ont enfin terminé de souffrir, je n'ai plus d'ampoules ni de courbatures, ni de brulures dues au frottement. Bref, j'ai définitivement basculé du coté piéton, l'autre jour j'ai meme refusé qu'on me paye un taxi, c'est pour dire...

Mais, il y a une chose à laquelle je ne m'adapte pas, et peut-etre parce que finalement c'est la meme partout dans le monde et que déjà en France, ça me posait quelques problèmes, les hommes.

Comment ralentit-on une relation qui évolue dans un sens non désiré ?

Comment en reste-t'on au stade amical de plan cul régulier, sans enchainer sur une relation plus officielle, plus sérieuse, plus exclusive, bref plus prise de tete ?

Comment se fait-il qu'après quasiment un mois sans donner de nouvelles, et alors que j'en avais totalement fait mon deuil, Damien me renvoit un sms en s'excusant de son comportement ?

Comment se fait-il qu'Eamon qui ne voulait rien de sérieux se décide à m'offrir des places de spectacle, à m'inviter au cinéma ?

Comment comprendre la psychologie masculine ?

Quand on est prete à s'engager ils s'enfuient en courant, quand on n'en a rien à carrer, ils s'accrochent désespéremment, quand on n'a pas d'opinion sur eux, ils se révèlent décevants, et quand on en a une bonne, ils le sont tout autant...

Bref, biensur qu'il n'y a aucune réponse, aucun mode d'emploi, aucune télécommande secrète qui permettrait de mettre un décodeur et de comprendre d'emblée leurs intentions réelles.

Biensur que les relations humaines, c'est un tel casse-tete que depuis des millénaires, l'homme écrit à ce sujet sans jamais parvenir à un consensus.

Biensur que je me la joue fillette effarouchée dans mes propos et qu'à travers de telles pensées je contribue à l'enterrinement de préjugés tels que "les femmes sont chiantes", "les femmes sont d'éternelles insatisfaites", "les femmes sont des pisseuses"...

Mais, quand meme, il y a parfois de telles coincidences qui se produisent qu'on ne peut s'empecher de douter, de se demander si le sort s'acharne sur nous, si quelqu'un là-haut nous en veut à mort et a décidé de se venger en nous faisant tourner en bourrique.

Du calme. Les prises de tete c'est pour les personnes en couple, et moi, officiellement, je suis encore une célibataire sereine. Alors carpe et diem et alea jacta est...

mardi 13 octobre 2009

107- Ma drogue



Le sauna et le hammam, c'est le pied intégral, surtout quand en plus c'est gratuit.

Après avoir nagé mon kilomètre, je vais m'enfermer dans l'obscurité des volutes brulantes et apaisantes de ce sanctuaire.

C'est presque devenu une drogue, j'y vais tous les jours de la semaine.

Déjà, ça me permet de m'échapper d'un appartement qui jusqu'à présent a toujours été en sureffectif.

C'est vrai depuis que l'on a emménagé Antoine et moi, entre les sales combines de Finbar, la copine de Felipe et les potes qu'on dépanne, on n'a jamais habité à quatre.

Alors quand la majeure partie du temps on est six à partager un lieu initialement prévu pour quatre, bah, forcément, des tensions se créent.

On en a marre de faire le ménage pour les autres, on en a marre de voir la tronche de la copine de Felipe et surtout ses loOOOongs cheveux qui trainent de partout, dans la cuisine, dans les toilettes, meme sur nos brosses à dents, à croire qu'elle en fait exprès de les semer de partout, ou comme le dit si bien Antoine qu'elle fait du trapèze ou autre numéro de cirque en notre absence pour réussir à en mettre dans les moindres recoins... C'est tout bonnenment répugnant.

Bref, si on ne veut pas péter un cable, il faut se défouler, se détendre, et surtout fuir se lieu trop exigu pour autant de personnes au quotidien...

Bah oui, Finbar ayant absolument tout emporté, nous n'avons que quatre assiettes, quatre tasses, quelques verres en plus, mais bon, à six, c'est galère.

Mais alors que la sueur ruisselle sur ma peau, que je sens chacun de mes muscles se décontracter et mon souffle s'apaiser, alors que la plus saine des fatigues envahit mon corps et me laisse dans un état de sérénité totale, tous ces soucis deviennent dérisoires.

Notre pote Romain a d'ores et déjà trouvé son propre appartement ( en deux jours, alors que Vi squatte depuis plus d'un mois sans rien payer et n'a toujours rien trouvé )et libéré le lit de camp dans le salon, il habite juste en face de chez nous, de notre canapé on voit sa chambre. Et la copine de Felipe, et bien on peut dire merci aux services de l'immigration qui lui suppriment son visa et la renvoient chez elle, au Brésil, car la demoiselle n'a eu que 4% de présence à son école, au lieu des 85% nécéssaires pour rester sur le sol irlandais, ce qui n'est pas non plus irréalisable. Mais il faut préciser que c'est le genre de fille qui passe son temps à geindre, elle ne sait pas s'exprimer autrement, et par-dessus le marché, elle est tout le temps fatiguée, ce qui pourrait meme expliquer sa dégénérescence capillaire, ou lèpre dixit Antoine.

Comme le dit Felipe, qui n'a pas l'air le moins du monde attristé de son départ, elle doit assumer ses erreurs.

Du coup, je pense que d'ici la fin de la semaine nous serons de nouveau quatre dans un appartement pour quatre personnes et que les cheveux de Vi ( la Brézilienne ) iront tomber ailleurs que dans notre baignoire.

Le sauna et le hammam sont donc devenus un refuge pour les deux Français ronchons que nous sommes Antoine et moi, et en plus ça fait une super belle peau, toute douce, et ça fait mincir. Tout bénéfice, il n'y a rien à dire.

Ah si, qu'en plus quand tu sors de deux heures de piscine-hammam-sauna, tu es dans le meme état qu'après un bon joint, et ça sans fumer.

Bref, demain, vous savez où je serai vers les 14H...

lundi 12 octobre 2009

106- Vous avez un nouveau message

Dublin a changé énormément de choses dans ma vie, meme en deux petits mois.

Ca a été l'occasion de faire un nouveau départ, dans un nouveau pays avec une culture très différente de celle de notre bonne vieille douce France, cher pays de mon enfance.

J'ai désormais un tout nouveau rythme de vie, où j'ai le temps d'aller à la piscine et au sauna, de lire des livres en anglais à la vitesse d'un escargot, d'aller de manière illimitée au cinéma pour quinze euros par mois et m'abreuver d'accent anglais.

N'ayant que six petites heures de fac par semaine ce qui me change de mes trente heures de l'an dernier, et un boulot variable, entre quinze et deux heures par semaine, étant remplaçante mon emploi du temps n'est pas fixe, je crois que c'est la première année depuis quatre ans que j'ai autant de temps pour moi et moi-meme.

Du coup, je profite, et les Irlandais sont d'excellente compagnie pour faire la fete tout en m'aidant à améliorer mon anglais.

Le quotidien est rythmé de soirées improvisées et de rencontres inattendues, de projets de toutes sortes comme un road trip dans le Connemara, ou encore un weekend à Londres, ici l'avion c'est moins cher que les transports en commun. Bref, aucune minute n'est perdue, et chaque jour est meilleur que le précédent et moins bien que le suivant.

Mais, ce qu'il y a de nouveau, c'est réellement mon rapport à Internet. Désormais, mes premiers réflexes quand je me lève sont d'aller consulter ma boite mails, voir si j'ai reçu des nouvelles de la France, ensuite d'aller sur Facebook vérifier si j'ai des notifications et regarder le profil de Noemie (et oui, tous les matins ma cocotte) et enfin afficher mon blog dans le maigre espoir qu'un commentaire aie été posté.

Mais bon, je ne suis pas contrariée par l'absence de réponses, car chacun d'entre vous trouve le moyen de me signifier qu'il me lit, souvent en m'envoyant un mail, meme s'il ne laisse pas de commentaire.

Alors à tous mes lecteurs anonymes et timides, à tous mes amis et ma famille restés en France qui peuvent parfois avoir l'impression que je les ai oubliés, sachez que ce blog que j'essaye de tenir à jour le plus régulièrement possible n'existe que pour vous. Qu'à travers chaque mot, chaque anecdote, chaque pensée ou réflexion, c'est à vous que je m'adresse, que je raconte mes soucis, que je partage mes joies.

Et ce matin, alors qu'un beau soleil éclaire Dublin et illumine notre living-room, alors que ma boite mail regorgeait de nouveaux messages de mes anciens collègues de boulot et amis, de ma cousine Claire, de mes deux parents, de mes frangines, à qui j'ai tous pris le temps de répondre, j'avais juste envie de vous dire...

Encore...

Ecrivez-moi par lettre (d'ailleur Loak, je suis en train de te répondre, t'inquiètes, je ne t'oublie pas), par mail, par commentaire, par notification sur mon mur facebook, par sms sur mon numéro français toujours actif, par pigeon voyageur, par message de fumée, par télépahie, enfin tout ce qui vous permettra de me donner un petit signe de vie.

Je ne vous demande pas un roman, comme je le fais régulièrement sur mon blog, juste une pensée, meme anodine, car vous etes toujours dans les miennes et tout est prétexte à me rappeler une anecdote française en Irlande.

Alors, motivez vos petits doigts, et écrivez, tapez, pianotez...

Zou, et que ça saute...

dimanche 11 octobre 2009

105- La crémaillère


Antoine était malade comme un chien hier, et je n'exagère pas, ces spasmes nauséeux bruyants et surtout répugnants ont du réveiler une grande partie de l'immeuble, vraiment.

Imaginez le se contorsionnant au-dessus des toilettes, ou encore par la fenetre de la chambre qui donne sur la rue, ou encore dans le seau à serpillère, le ventre agité de soubresauts violents et cycliques.

Antoine hurlait littéralement en vomissant, tant il était mal.

La première phase de sa gueule de bois a consisté à monopoliser les toilettes et à en bloquer l'accès, très embetant quand 20 personnes sont dans l'appartement et qu'elles ont toutes bu.

Du coup beaucoup de personnes ont du dépasser leur pudeur et faire pipi à coté d'un Antoine gisant lamentablement sur le carrelage de la salle de bain, la tete dans les bras, respirant fort afin de controler sa prochaine envie de vomir.

Ce fut une première pour moi, faire pipi en face d'Antoine, en m'inquiétant de savoir s'il allait bien tout en m'emparant du papier toilette...

Bref, quand le moment fatidique de poursuivre la soirée à l'extérieur s'est présenté, et ce deux fois de suite, une fois avec les français, une fois avec les irlandais, un gros dilemme s'es présenté à moi.

Allais-je ou non abandonner Antoine à son triste sort ?

Après m'etre presque laissée tenter par les irlandais et leur accent persuasif, j'ai, par acquis de conscience, jeté un dernier coup d'oeil dans la chambre pour vérifier qu'Antoine s'en sortait.

Erreur fatale, je l'ai trouvé assis sur mon lit gerbant tripes et boyaux dans le seau, le visage quasiment violet sous l'effort.

Du coup, bah voilà, c'est mon colocataire, alors je suis restée, histoire de m'assurer qu'il finirait tranquillement par s'endormir (sans en foutre partout sur mes draps évidemment).

Bah, c'est à charge de revanche, dans les futures soirées, car il y en aura encore beaucoup d'autres, j'espère bien que si c'est moi qui finis malade à en crever il sera là pour me tenir les cheveux quand je vomirai.

Sur cette anecdote, ma foi dégoulinante, bon dimanche...

vendredi 9 octobre 2009

104- Silence Radio


Bon, je n'ai pas été très présente sur mon blog, ni meme sur facebook ces derniers jours, mais j'étais tout simplement emportée par la folie dublinoise.

Comment décrire ce qu'ont été ces derniers jours pour moi...

Bon déjà, il y a eu lundi soir et l'arrivée de Romain, le pote à Antoine qui vient lui aussi d'Annecy. Du coup, grosse soirée à l'appartement. Cinq Irlandais, quatre Français, une Italienne et des dizaines de canettes de bière...

Ensuite, il y a eu mercredi soir, en réponse à notre soirée du lundi, les deux colocataires irlandais de Anne nous ont invités à les accompagner à une fete. Tout simplement terrible. Après avoir commencé à picoler chez eux, dans leur chambre immense (avec une cheminée et une baignoire en guise de déco, la proprio a de droles de gouts...), nous nous sommes rendus en bus à la soirée. On a évidemment loupé le premier, car comme je l'ai déjà expliqué, il faut l'appoint pour acheter un ticket, et le temps que leur pote brézilien aille faire de la monnaie au pub d'en face, un bus nous a filé sous le nez. Bon, bonnant malant, nous sommes arrivés et là, le choc. Facile une centaine de personnes toutes saoules et rassemblées dans une maison pas si grande que ça, genre une foule compacte et ivre. Limite de quoi etre claustrophobe. Mais le meilleur reste à venir, vers les onze heures du soir, un type est entré en hurlant dans le salon " Last bus in twenty minutes", et ce fut un ras-de-marée humain. Tout le monde est sorti et est allé attendre à l'arret de bus, on aurait dit un troupeau de fetards égarés dans la banlieue dublinoise qui se dirige d'un meme pas vers une destination qu'eux seuls connaissent. Et le retour en bus, une sacrée expérience... Imaginez un bus blindé à ras bord de fetards plus ou moins éméchés, qui chantent, hurlent, vocifèrent, s'accrochent au barres et mettent le chauffeur en panique. Tout simplement hallucinant, il faut le vivre pour comprendre, il faut le voir pour y croire. Et tout ça, pour que le chauffeur complètement dépassé largue tout le monde sur O'Conneil street sans ménagement. De là, nous avons marché jusqu'au Q Bar, et fini la soirée en se trémoussant sur la piste de danse.

Et ce qu'il faut que vous réalisiez mes chers lecteurs, c'est que cette soirée, c'était juste une banale soirée de semaine... Vous commencez à réaliser l'ampleur des weekends, hein ?

Enfin, il y a eu le jeudi soir, où cette fois-ci, deux amies d'Annecy d'Antoine (décidément tout Annecy débarque à Dublin...) sont venues passer ce qui devait etre une soirée pépère à l'appartement... Mais à peine étaient-elles parties, qu'Eamon débarquait quasi à l'improviste, suivi de peu par Vitanis, notre coloc Lituanien, et qu'une deuxième soirée s'organisait sur le tas. Du coup, pas couchée avant trois heures et demi du matin...

Le réveil a été dur ce matin...

Surtout, qu'à coté de nos soirées, on a quand meme passé une autre après-midi à phoenix park, ce qui signifie au bas mot trois heures de marche allé-retour. Mais aussi plus d'une heure à courir les magasins avec Antoine pour lui dénicher un maillot de bain "moule-bite" comme il le dit.

Car oui, vous devez savoir, que Trinity n'est pas une de ces petites facultés françaises sans cachet, non, à Trinity, tous les étudiants ont accès gratuitement à un complexe sportif haut de gamme.... Hammam, sauna, piscine, salle de sport toute équipée...

Du coup, pour compenser toutes ces soirées et assainir nos corps souillés par l'alcool, je suis allée nager pas moins de deux kilomètres ces deux derniers jours à la piscine, ainsi que suer tranquillement dans la vapeur sombre et étouffante du hammam.

Voili, voilou, je vous laisse digérer cette masse d'informations et attends avec impatience vos commentaires. Et biensur, le weekend arrivant, des tas de projets sont en marche... Ce soir, la oktoberfeste, soit la fete de la bière et demain notre pendaison de crémaillère, enfin...

Donc, ne m'en voulez pas, mais je crois que jusqu'à dimanche, ça sera silence-radio.

mardi 6 octobre 2009

103- Confessions matinales


Aujourd'hui, il pleut des cordes.

C'est un temps à rester au fond de son lit, avec la couette jusqu'aux oreilles en regardant des films tout l'après-midi avec un garçon qui nous caresse les cheveux...

Cependant, ce n'est pas ce que j'ai fait, mais alors pas du tout.

Je sais que je vais avoir l'air de radoter, mais je ne me remets pas de l'étroitesse de mon lit une place, ni du manque l'élasticité de ma petite couette avec des coeurs de toutes les couleurs dessus.

Cette nuit, après des heures de lutte acharnée pour tenir à deux sous le minuscule mouchoir qui me sert de couvre-lit et pour trouver une position confortable dans l'espace réduit entre le mur et la table de chevet, soit mon lit, nous nous sommes finalement et incontestablement avoués vaincus.

Eamon s'est levé et a commencé à se rhabiller.

Et j'avoue, que malgré l'heure très matinale (5H du mat') et le bruit de la pluie dehors battant violemment contre les carreaux sous l'effet d'un vent puissant, je n'ai manifesté absolument aucun regret de son départ.

Je n'ai pas une seule seconde essayé de le retenir...

Oh non, loin de là. J'ai savouré égoistement le plaisir de pouvoir m'étaler à plat ventre sur mon matelas, d'avoir assez de couverture pour etre couverte des pieds à la tete et d'etre enfin débarassée de son bras sous mon cou, qui me filait un torticoli.

Ah, les valeurs sacrées du célibat comme un sommeil solitaire mais profondément serein et paisible, sans les ronflements intempestifs de votre compagnon, ou la chaleur étouffante de son corps, ou encore sa présence envahissante dans votre espace nocturne. Je n'arrive décidément pas à changer sur ce point, et à trouver que passer une nuit à deux est un moment de bonheur extreme, pour moi c'est avant tout une contrainte. Enfin, tout est une question d'habitude et d'accomodation, à la longue...

Bref.

Et l'autre raison au fait que j'étais contente de le voir partir, mis à part de pouvoir enfin vraiment dormir, c'est que je n'aime pas les matins.

Le matin, c'est le moment où l'on est le plus désarmé, le plus vrai, c'est l'essence de notre intimité. On a les cheveux ébouriffés, le mascara qui a coulé, une haleine qui laisse à désirer, parfois meme une petite trace de salive sur la joue, et il fait jour dans la chambre. L'horreur nue.

C'est l'achèvement des délires noctambules, et un retour brutal à la réalité qu'on ne souhaite pas partager avec tout le monde.

Je ne sais pas comment gérer les matins, souvent je m'éclipse aux aurores si je suis chez lui ou je le préviens dès le départ qu'il ne passe pas la nuit complète chez moi si cas échéant, ou encore je me lève avant lui histoire de ne pas etre surprise au réveil et d'avoir de temps de recréer ma carapace sociale.

En gros, après avoir passé un quart d'heure à faire des phrases de "pisseuse" comme le dit si bien mon coloc, je vous laisse sur cette exclusivité, assez prévisible somme toute pour une célibataire telle que je suis, c'est à dire pas par dépit.

lundi 5 octobre 2009

102- Dublin c'est le pied

Dublin est une ville de crapahutage...

Je m'explique, à Dublin le réseau de transports est quasiment inexistant. Aucun métro, un seul et unique tramway qui de temps en temps se prend des bus (véridique, Antoine a assisté à l'accident en direct), et comme vous l'avez déjà compris des bus.

Bon, je dois admettre qu'ils sont sympas ces bus jaunes avec leurs deux étages, mais ils sont super chers, si tu fais moins de 6 arrets, tu payes 1,15 euro le ticket, et si tu en fais plus c'est 2,20 euro.

Il n'est pas possible de prendre différents bus avec le meme ticket, ni de prendre le tram puis le bus toujours avec le meme ticket. Et oui, le tram et les bus, c'est pas la meme compagnie et meme pour les bus, il y a plusieurs compagnies entre le centre ville et la banlieue.

En plus, il faut avoir la somme exacte, car les chauffeurs qui vendent les titres de transports n'ont pas accès à la caisse et ne peuvent pas te rendre la différence si tu n'as pas l'appoint.

Quant à l'abonnement à l'année, il est hyper cher et la carte hebdomadaire, enfin pour 5 jours c'est quand meme 20 euro, donc en gros 80 euro le mois pour uiliser des bus.

Aoutch... Ca fait mal au portefeuille et au budget déjà serré vu le prix d'une pinte de Guinness (7 euro en moyenne) ou d'une bouteille de vodka (14 euros la moins chère).

Bref à Dublin, mieux vaut marcher.

Donc, je me suis adaptée, et désormais, c'est devenu ordinaire de trottiner 25 minutes à chaque fois que je veux aller quelque part, que ce soit pour faire les courses, aller à la fac, aller à mon arret de bus pour aller au taf, ou encore sortir en ville.

Mais, mes pieds, eux, ont vraiment souffert au début, ainsi que mes jambes, en particulier mes mollets et mes cuisses. J'ai eu de grosses ampoules, des irritations à cause des frottements là où vous devinez...

Catastrophique, c'est un peu comme si j'étais en panne mais que je devais quand meme marcher, dans les deux sens du terme justement, pour continuer ma petite vie.

Enfin, à présent, je me suis entièrement reconvertie en mode piéton, meme si ma vie de conductrice lyonnaise me manque parfois...

Alors voili voilou, rien d'extraordinaire, si ce n'est un avertissement aux hypothétiques futurs exilés irlandais... Entrainez-vous avant de venir et surtout ne faites pas la meme erreur que moi, soit porter dès le premier soir où vous sortez des chaussures neuves... Vous vous en mordrez les doigts... de pieds... Ahahahahahahah

Sinon, ce soir petite soirée sympathique en perspective, car à Dublin, les weekends n'ont pas de fin... J'espère évidemment y prendre mon pied...

Ahahahahahahahah, décidément qu'est-ce que je suis drole, non ?

dimanche 4 octobre 2009

101- Jackpot

Ceci est un message dédicacé spécialement à Noemie, à sa maman, au bar des Voyageurs et à ma jeunesse dans la région roannaise.

C'est fou comme le monde est petit, tous les jours des coincidences assez inioues nous surprennent.

On découvre que le mec avec qui l'on discute depuis des mois vient de la petite bourgade où l'on a fait ses trois ans de lycée... Encore plus hallucinant, qu'il est lui aussi parisien de naissance. Bref, une accumulation de points communs déroutante car quasiment impossible statistiquement parlant.

Mais il y a encore plus fort. L'année de mes 19 ans, je suis partie faire un des plus grands festivals de musique d'Europe, le Sziget. Faire plus de 1000 kilomètres à travers l'Europe, serrés à 5 dans une petite AX, pour finalement se retrouver assise à coté d'un des deux seuls mecs qu'il y avait dans ton option arts plastiques au lycée, ça c'est quand meme fort.

Je me souviens que c'était le premier soir de 6 jours de folie, première buvette où l'on a gouté le fameux mélange absynthe-redbull... Et il a fallu que je m'asseye juste à coté de lui, et le pire de tout, que je vomisse (toujours juste à coté de lui) en voulant faire un cul sec du sus-cité breuvage.

Mais bon, le meilleur reste à venir. Je suis actuellement exilée pour un an à Dublin, pour suivre des études à Trinity College. A la fac, Antoine a rencontré une parisienne, Anne, avec qui le courant est bien passé car on ne résiste pas à une personnalité aussi enjouée. Bref vendredi soir, on l'invite à une soirée à notre appartement, et du coup, elle propose à des potes français qu'elle a rencontrés sur Dublin de se joindre à nous.

Jusque là rien d'anormal...

Le premier rentre, inconnu au bataillon, on se dit bonjour et s'en suivent les banalités habituelles, blablabla. Et là, le deuxième rentre, et j'ai eu comme une illumination à travers le brouillard de mon ivresse, c'était Brice.

Brice Géant avec qui j'ai fait mon collège à Nicolas Conté à Régny, mon lycée à Albert Thomas à Roanne. Brice qui vient de Saint Victor sur Rhin et qui connait ma meilleure amie et aussi sa maman, Marie-Hélène.

Bon, évidemment, lui ne m'a pas reconnue, mais vu le caméléon que je suis, depuis le lycée et le fantome que j'étais au collège, c'est plutot normal. D'ailleurs, la plupart des gens ne me reconnaissent pas.

Mais, bon, ce qui compte, c'est que moi je l'avais reconnu. Il était acompagné d'un troisième ami, qui lui aussi vient de Saint Victor, dont hélas je ne me rapelle plus le nom (ivresse amnésique). Mais il m'a affirmé bien connaitre ta maman Noemie, d'ailleurs quand il lui a dit qu'il partait à Dublin, elle lui aurait dit que j'y étais...

Bah voilà, le monde est vraiment petit, on s'est rencontré, autour d'un verre, voire deux, voire trois.

Du coup, peut-etre que je n'ai pas donné signe de vie du weekend, mais la France et en particulier Saint Victor et en particulier Noemie ont vraiment été présents dans mes pensées.

Dommage que, sur le moment, j'ai été trop saoule et trop occupée avec Eamon pour prendre des photos, je suis sure que ça en aurait fait marrer plus d'un dans la Loire de voir qui je croise dans mes nuits dublinoises.

En tout cas, s'il est possible de rencontré Brice Géant à Dublin par le biais d'une récente connaissance parisienne, il doit etre possible de décrocher le jackpot au loto. Je devrais m'y mettre, c'est sur...

Et vous, ça vous est déjà arrivé ce genre de coincidences de malades ???

jeudi 1 octobre 2009

100- Single Bed

Hier soir, vetue de ma petite robe jaune H&M, d'un débardeur en latex noir (une tenue que certains connaissent déjà), les yeux subtilement maquillés d'un léger trait de crayon noir et les cheveux lissés, je me suis rendue à un rencard assez inhabituel.

En effet, Eamon, ce jeune Australien, d'origine Irlandaise, revenu depuis quinze ans dans la patrie de ses aieux, était un sacré pari.

Au cas où il serait nécessaire de le rappeler, je l'avais rencontré sur le chemin d'un retour de soirée, alors que j'étais complètement ivre. De son coté, lui commençait juste sa soirée d'anniversaire et était aussi déjà pas mal éméché.

Nous avons échangé nos premiers mots alors qu'il allumait ma cigarette. Ensuite nous avons échangé nos numéros.

Et finalement, deux jours plus tard il m'invitait à passer une soirée avec lui.

A vrai dire, hier soir, aux environs de 20H, je n'étais plus tellement certaine de vouloir y aller. J'hésitais à lui poser un lapin et à rejoindre mes potes dans une autre soirée.

Bah, oui... Autant etre honnete, je n'étais meme pas capable d'affirmer qu'il me plaisait puisque je ne me souvenais plus que très vaguement de son visage. Je crois que j'aurais meme eu du mal à le reconnaitre si son téléphone n'avait pas sonné juste à coté de moi quand je l'ai appelé.

Et puis, comment etre sure que ce ne soit pas un gros relou... Ne lui ayant adressé la parole que durant quelques minutes le weekend précédent et bourrée par dessus-le marché, je ne savais vraiment pas à quoi m'en tenir.

Mais bon, qui ne tente rien n'a rien...

Il s'est avéré charmant, meme saoule, je garde une certaine notion de la beauté... Ouf.
Il s'est avéré passionnant, et surtout passionné par son boulot, freelance moviemaker, ça en jette en plus...
Il s'est avéré de très bonne compagnie, on a bien passé trois heures à discuter sur les bords de la Lyffey en buvant des bières.
Il s'est avéré excitant, il maitrisait parfaitement l'art d'embrasser, de mordre, de caresser.

Sans plus entrer dans les détails, je tiens juste à dire qu'in extremis, j'ai réussi à éviter que le mois de septembre soit un mois de chasteté pour moi en Irlande. Et aussi que ça faisait une éternité que je n'avais pas eu de lit une place, et que vraiment, ce sont des lits pour enfants. Il n'y a rien à ajouter si ce n'est que je préfère largement mon lit français, large, et seul au milieu de ma chambre, pas en vis-à-vis d'un autre lit.

Ah Dublin...