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dimanche 6 décembre 2009

129- Juste pour rien

Il y a des soirs, où meme si l'on rentre tot, enfin pas trop tard de soirée, où, meme si l'on a dansé toute la nuit sur des musiques des années 80, où meme si on a bu, chanté à tue-tete, rigolé comme jamais, on a envie de rentrer et d'écrire.

Et quand on arrive chez soi, après avoir refusé de voir un ex qui vous a appelé à 3H du mat' parce qu'il avait envie de votre corps, on retrouve son coloc qui a bossé jusqu'à 1H du mat un samedi soir et qui écoute tranquillement de la musique dans le salon en fumant une cigarette.

Alors, on lui propose d'écouter un peu de rock français, on met Noir Désir, on s'allume une cigarette et on commence à écrire.

On commence à écrire à propos de toutes ces questions qui nous hantent... La France ? Mes amis ? Ma famille ? Mes études ? Mon passé ? Mes erreurs ? Mon avenir ? Mes voeux les plus chers ? Tout ce qui m'attend mais dont je ne me doute pas... Tout ce qui n'arrivera jamais meme si on aura tout tenté pour... Tout ce qui nous fera sourire, aimer, vivre, croire en demain mais dont la silhouette est juste une vague et incertaine ombre à l'horizon de notre vie qui s'écoule, vite, très vite, trop vite.

L'ivresse nous rend souvent obtus, confus, dérisoires, mais parfois, il y a ces moments de lucidité intense, d'obstination déterminée, de foi et de confiance en soi, en l'autre, en lui, en ce nous auquel on espère encore meme si l'on n'y croit plus vraiment.

Ce soir, je portais ma robe jaune, cette jolie robe jaune qui vole au moindre courant d'air, qui s'envole quand je tourne, cette robe de gamine car on se sent une enfant quand on s'amuse à la faire tourner, mais cette robe de femme car elle attire les regards, elle attise l'envie, le désir dans les yeux de ces inconnus qui hantent les memes endroits, qui partageront meme cinq minutes de ta vie, sans autres conséquences que l'oubli.

Et là, toujours dans cette meme robe, j'écris, j'allonge mes moindres pensées et je me dis que je me sens jolie, oui vraiment jolie, mais que la France me manque, que j'ai envie de parler français, de confier cet instant à des gens qui comptent pour moi, pas à mon écran d'ordinateur.

Je suis heureuse, sereine, bien dans ma tete, dans mes baskettes, mais j'aimerais avoir le don d'ubiscuité, pouvoir le temps de quelques heures dormir dans le lit de Noemie et partager son sommeil, ou encore regader Good Morning England avec Morgane en savourant d'aimer autant la musique et le film en lui-meme qu'elle, etre avec mes deux frangines et mes cousines à une cousinades et savoir que ces instants sont uniques, propres à notre famille, à notre amitié, à notre complicité. Etre avec mon père et rever à l'avenir, etre avec ma mère partager nos expériences.

Bref, je suis sans aucun doute complètement saoule et débordante d'amour car sans aucune inhibition, sans aucune retenue, avec une sincérité totalement nue. Mais ça fait un bien fou, un bien immense, de laisser sortir tout ce bien, tout ce bon de soi. Ces instants de plénitude, sans aucune amertume sont tellement précieux car authentiquement rares.

Voilà, je suis prete à rejoindre les bras de Morphée, j'espère que ces quelques mots auront été vains mais agréables, juste pour le geste d'écriture, juste pour rien.

Et j'ai d'ores et déjà très envie de vous lire en retour.

samedi 17 octobre 2009

109- Les phases régressives


Vous connaissez le phénomène de phases régressives. Inexplicable, incontrolable et surtout mémorable, en ce qui me concerne.

En ce moment, je suis en plein dedans, et cela s'exprime de diverses manières.

Tout d'abord, je ne tiens plus l'alcool, je suis revenue au stade des cuites adolescentes où tu vomis trois fois dans la nuit, et encore une fois sur le matin, et où tu as la nausée des heures durant.

Hier soir, réduite à l'état de loque, j'étais franchement pas jolie à voir, et ça faisait très longtemps que je n'étais pas tombée aussi bas. Meme pas capable de faire l'amour, c'est dire à quel point je me suis mise minable.

Je me demande s'il n'y a pas un lien avec la piscine ? Comme si etre sportive et etre fetarde appartenaient à la meme capacité et que plus tu es l'un moins tu es l'autre et inversement... A réfléchir...

En tout cas, ça fait deux soirées de suite que je finis bien avant la fin et que je ne vais pas jusqu'au bout de la nuit, comme la warior que j'étais, que je devrais encore etre.

Donc ce soir, modération sera le mot d'ordre, histoire de voir si j'ai vraiment ou non perdu momentanément mon don de buveuse et si j'entame une grosse phase régressive, ou si c'était simplement passager et éphémère...

Le test de la tete au-dessus de la cuvette sera décisif. Croisons les doigts.

Mais, à part mon seuil de tolérance à l'alcool, j'ai récemment remarqué que mon niveau d'anglais stagne à nouveau. Si j'ai amélioré ma pratique de la langue de manière phénoménale ces deux derniers mois, ça fait une semaine que j'ai l'impression de ne plus rien capter, de ne plus trouver mes mots, de ne plus avancer.

Je fais répéter tous les gens cinq fois quand ils parlent, pour parfois hocher la tete en faisant mine d'avoir compris, alors que j'ai toujours pas capté... Mais le pire c'est que je perds aussi mon français, en ce moment, ça m'arrive des douzaines de fois par jour de ne pas trouver mes mots dans ma langue maternelle, de l'avoir sur le bout de la langue mais de ne pas réussir à mettre la main dessus...

Bah quoi, c'est pourtant facile de mettre la main sur le bout de la langue, non ?

Ah... Ah... Ah...

Et puis, il y a mon sommeil, moi qui suis une groOOOosse dormeuse, le genre à faire sans problème des tours de cadran voire plus, le genre à dormir à poings fermés meme si il y a un boucan d'enfer autour, le genre à s'endormir comme une masse après trois lignes d'un bouquin, bah je suis en panne.

Je me réveille tous les jours avant midi (bon aussi à cause des putains de travaux à deux mètres de notre fenetre, un marteau piqueur, c'est pas non plus très discret faut l'admettre), j'ai du mal à trouver le sommeil, mais surtout, je ne dors plus profondément. Maintenant j'engueule Antoine parce qu'il ronfle, alors que pendant six mois j'ai dormi à moins de dix centimètres de lui et j'ai rien entendu, je me réveille toutes les deux heures parce que je meurs de soif...

Bref, je suis toute cassée. Je crois qu'il faut que j'arrete de me leurrer, je suis en pleine phase régressive. Tout tend à le montrer. Donc, d'avance, ce soir, si je suis sans dessus dessous, après quelques verres et que les toilettes deviennent mes meilleures amies, soyez indulgents avec moi, c'est indépendant de ma volonté.

Satanée phase régressive, vivement qu'elle se termine.