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jeudi 12 novembre 2009

123- 3615 Frangines


Le hic parfois dans certaines relations, c'est quand tout se passe tellement naturellement, avec une telle aisance, une telle évidence, qu'on en vient à envisager l'autre ou à être envisagé par l'autre comme son-sa propre frère-sœur.

On veut tellement paraitre cool, décontracté, dans le vent, le genre de personne qui ne se prend pas la tête, qui vit sa jeunesse à la mode " carpe diem", on ne veut tellement pas l'effrayer avec nos désirs de grand Amour, nos rêves de robe blanche, nos envies de bambins, on ne veut tellement pas le faire fuir en étant trop précipitée, trop enflammée, trop amoureuse... Qu'on s'enlise, qu'on s'englue, qu'on s'enferre dans le rôle de la bonne amie-du bon ami.

Ce super pote à qui on dit tout, ou qui nous dit tout, même nos attirances pour d'autres personnes que lui, nos fantasmes et nos peines de cœur... Mais avec qui on finit invariablement par dire ou entendre... "Heureusement que toi tu es là, tu es vraiment mon-ma meilleur(e) ami."

C'est très dur d'occuper cette place bâtarde, très dur ensuite d'en sortir. Que se soit par peur de vivre sans l'autre, par peur de le perdre, par peur de non réciprocité.

Le-la meilleur(e) pote, la place la plus sécurisante mais la plus insuffisante, la plus frustrante, si d'un coté ou de l'autre il y a plus.

Si je vous parle de tout ça, c'est parce que la question se pose à chaque nouvelle rencontre, à chaque nouveaux coups de cœur, à chaque fois qu'une personne rencontre le regard d'une autre.

On ne peut pas s'en empêcher, on ne peut pas contrôler la façon dont une personne va nous faire réagir, rougir, faire accélérer notre poul et saccader notre respiration.

Certains la croise tôt cette sorte d'âme sœur, d'autres l'attendront toute leur vie, d'autres se trompent des dizaines de fois avant de donner enfin la bonne réponse, d'autres se mentent une vie durant ou presque, d'autres gâchent tout, d'autres en rencontrent deux en même temps et se torturent à devoir faire un choix impossible.

Il y a tellement de parcours différents et pourtant chacun y va de son expérience personnelle pour conseiller l'autre au mieux.

Je suis une grande sœur mais ma cadette ne l'est que sur les papiers officiels, au niveau maturité, comportement mère-poule, stabilité et solidité, elle est bien plus fiable que moi. Du coup, elle a déjà sa vie toute tracée avec son amoureux, sa carrière professionnelle et tout le tralala.



Je ne suis donc pas la mieux placée pour conseiller ma benjamine. En effet elle a le choix entre une grande sœur qui a trouvé sa voie et son homme et une autre qui est plutôt paumée et qui tente tant bien que mal de garder le Nord.

Cependant, je crois que la benjamine est aussi un peu perdue à ses heures et erre un peu dans les rues de la capitale parfois. Alors, même si je ne suis pas un exemple en la matière, même si je suis loin d'elle, même si je ne donne pas beaucoup de nouvelles, je tiens à jouer mon rôle d'ainée.

Et mon dernier conseil sera des plus banals mais tellement vrai...

" Tu es la seule à savoir ce dont tu es capable, ce que tu vaux et ce que tu veux. Ne laisse personne te dire que tu n'as pas ta chance, que tu dois abandonner. Et surtout, ne tombe pas dans le piège de l'amour-amitié, ne deviens pas sa meilleure amie si toi tu as un béguin... Tente le coup."

Bon, ça n'est pas très "irish" tout ça j'ai envie de dire, mais c'est universel. Quand on part aussi loin, aussi longtemps, on a, à la fois, l'impression de vivre des moments extraordinaires ici mais aussi d'en manquer beaucoup trop ailleurs.

Mais pour finir sur une note plus "irish", j'ai rattrapé mon erreur avec mon Irlandais d'Eamon, parce que j'ai aussi de bons cotés même si certains par leurs commentaires s'acharnent à me faire passer pour un monstre. Et alors que j'écris je réalise que cela fait plus d'un mois... Inimaginable.

mardi 29 septembre 2009

098- Tentatives à retardement

Bon, parce qu'il ne faut pas rester sur une mauvaise impression, j'ai accepté un rendez-vous avec un jeune homme Australien expatrié à Dublin demain soir.

Eamon, ce gars que j'avais croisé en rentrant du pub gay l'autre soir m'a donné des nouvelles aujourd'hui... Et qu'on ne vienne plus me dire que la règle des deux jours ne s'applique pas, c'est exactement le temps qu'il a attendu pour me recontacter...

Bref, me revoilà dans le circuit, et ça ne fait pas de mal, parce qu'entre un colocataire malade qui passe son temps à se moucher et à essayer de survivre à des quintes de toux à répétition, un boulot où la moyenne d'age se situe à 3 ans et des études où les classes sont avant tout composées de filles... Bah ma vie sentimentale se retrouvait un peu au point mort ces derniers temps.

A vrai dire, je n'en éprouvais pas vraiment de manque, quand on débute une nouvelle vie, il y a tellement de choses à faire et à vivre avant de se préoccuper des garçons que je ne ressentais pas du tout le poids du célibat.

Cependant, il devenait plus ardu de papoter de la gente masculine sur mon blog...

Malgré tout, quand je dis point mort, j'exagère un peu... Certes les draps de mon lit ne sont pas froissés par de fougueux et torrides ébats nocturnes, mais ma boite mails et autres moyens de communication virtuelle m'ont amené quelques surprises.

Il faut croire que l'on a beau grandir, devenir adulte, la timidité que l'on ressent dès l'adolescence envers les personnes qui nous attirent perdure malgré les années.

Tout comme lorsque l'on était encore boutonneux, avec un appareil dentaire et qu'on attendait le dernier jour d'école pour déclarer sa flamme (en cas de refus on savait qu'ensuite on partait direct en vacances et qu'on ne reverrait pas l'intéressé pendant deux mois) certaines personnes ont attendu que je sois au-delà, non pas d'une mais de deux mers, pour me dire ce qu'ils pensaient.

C'est à la fois touchant et frustrant. Touchant parce que mieux vaut tard que jamais et que malgré tout, ils ont fini par me le dire et frustrant parce ce que je réalise les occasions ratées, les instants perdus, les possibilités avortées.

Enfin, 11 mois ce n'est pas si long, et à mon retour je prendrai les devants si leurs mots sont toujours d'actualité.

Enfin, en 11 mois il peut s'en passer des choses et on ne peut absolument rien garantir à personne.

Bref, sans en dire plus, car j'ai déjà l'impression d'en avoir trop écrit, je tiens tout de meme à faire un clin d'oeil à ce que j'appellerais des "tentatives à retardement".

Ces tentatives qu'il ne faut en aucun cas mépriser car elles peuvent aboutir, mais qui sont si dures à faire et surtout à recevoir.

mardi 16 juin 2009

055- CQFD

Je ne suis pas machiste pour un sou et pourtant je dois reconnaître que c'est dingue cette propansion qu'ont les filles à voir la réalité différemment.

Je m'explique : non, elles n'ont pas des pouvoirs à la X-men, elles ne voient pas à travers les vêtements, ni ne lisent dans les pensées, non elles ont juste un esprit qui semble programmé pour déformer les choses, les compliquer.

Un exemple tout simple : elles croisent une fille qui mange un sandwich.

Elles ne se disent pas "Ah tiens ! C'est déjà midi ?" ou un truc anodin dans le même genre... Non, si la fille est mince et bien gaulée, elles ruminent vertement "La garce, elle peut manger ce qu'elle veut, elle ne prend pas un gramme !"... Si la fille est enrobée, voire carrément grosse, elles jubilent cruellement "Encore une obèse qui s'empifre ! 5 minutes dans la bouche = 5 centimètres de plus sur les hanches !"

Les filles ça ne se contentent pas des faits, ça émet toujours une critique, négative si possible.

Si elles se trouvent à côté d'un couple dans le bus, elles sont strictement incapables de ne pas le calculer, non, leur cerveau s'active avec empressement et produit une quantité hallucinante de pensées plus ou moins malsaines :

-" Comment elle, elle peut avoir un copain, alors que je suis seule et dix fois mieux qu'elle ?!"

- "Un couple de moches, je plains leurs futurs gosses...!"

- "Avec autant de poils, elle doit avoir l'impression de coucher avec un yéti angora !"

- "Il y a des hôtels pour ça, les couples démonstratifs c'est vraiment écoeurant !"

-" Je ne leur donne même pas deux semaines, le type me dévisage depuis dix bonnes minutes, je suis sûre qu'il regrette déjà de ne pas être célibataire !"

Et encore tellement d'autres choses qui sont tellement horribles que je n'ose pas les écrire...

Non, les filles ça ne regarde pas, ça juge, ça évalue et très sévèrement.

C'est d'ailleurs de cette faculté innée que vient leur capacité inouïe à se disputer.

Quand une fille agresse son copain parce qu'il a osé regarder la brune incendiaire qui est passée à côté d'eux il y a deux secondes, ce n'est pas tellement parce qu'il l'a fait, c'est parce qu'elles ont pensé un truc de ce genre :

" La pétasse, elle a pas une once de cellulite, et en plus elle est déjà bronzée. Moi à côté, je passe pour une cruche mal fagotée et disgrâcieuse."

Ca c'est la première partie du raisonnment, où la jalousie s'exprime ouvertement et amène à ceci :

" Bah, moi au moins, j'ai mon doudou. Elle est peut-être canon, mais elle est seule, alors que moi, j'ai un homme qui me tient la main..."

La deuxième partie, où une vanité méprisante, mais avant tout rassurante vient rasséréner la dite demoiselle, mais pas longtemps...

" Je suis sûre qu'elle est nympho, le genre de garce qui pique les mecs des autres juste par plaisir. Et bien sûre, face à elle je ne fais pas le poids, ou je le fais trop justement... Je suis sûre qu'il me quitterait si elle le draguait...!"

Car déjà arrive la troisième partie, celle où elle se laisse attraper par son raisonnement et ne dissocie plus l'hypothétique du réel, et ce qui amène à une crise de nerfs :

" Espèce d'obsédé, t'as vu comme tu l'a matée, faut pas te gêner franchement !"

Et le pauvre type, qui lui s'était contenté de se dire " Wouah, quelle belle paire de nibards" se voit accusé de vouloir tromper sa copine, d'être un coureur, de ne pas l'aimer sincèrement... "Connard !"... Alors qu'il n'y avait songé que l'espace d'une demie seconde et était aussitôt retombé dans sa léthargie intellectuelle habituelle, sans plus de conséquences.

Une victime de plus de la vision tordue des filles !

Et pendant ce temps, la brune incendiaire, qui elle aussi est une fille et n'a pas manqué de regarder et de jauger ce couple, se dit :

" Bah pour qu'une fille aussi jolie sorte avec un type aussi laid, c'est qu'il doit avoir une sacrée grosse queue et faire l'amour comme un dieu, parce ce sinon, elle aurait mieux fait d'investir dans un Berger des pyrénées à poils longs..."

Alors voilà, sachez que rien ni personne n'est épargné, tout et tout le monde y passe :

- La voisine : "Elle ferait mieux de prendre les escaliers ça ferait travailler ses cuisses pleines de graisse !"

- L'inconnu dans le métro : " Je l'imagine bien se faire tatouer Johnny Hallyday sur le torse... Non mais quel ringard ! Il vient de la campagne celui-là, c'est pas un vrai lyonnais !"

- La vieille qui promène son chien : " Il chante quoi déjà Didier Super..? Ah oui ! petit caniche, peluche pour vieux ! "

- La caissière : "Mon dieu, elle ne connaît pas le fond de teint ! On dirait la lune avec tous ses cratères !"

- Le pote du pote : " Déjà des poils qui sortent du nez, à quand ceux dans les oreilles ?"

- Elle-même : " Ma pauvre fille, ton jeans te serre tellement que t'arrives à peine à respirer, on dirait une baleine échouée !"

Et c'est pour ça que le soir, au moment où leur chéri veut une petite gâterie, elles sont épuisées et lui non. Elles, leur cerveau a passé une journée entière à tout passer au crible, alors que lui non, il s'est contenté d'apprécier ce qu'il a vu sans se poser d'avantage de question...

CQFD

Voilà pourquoi les femmes sont si promptes à s'engueuler, et si peu amènes à faire l'amour : tout vient de leur manière de voir le monde !

Heureusement, il y a moi !

Mouahahahahahahahahahahahahahahah