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dimanche 8 mars 2009

004- Au bout du fil

Un numéro de téléphone, c'est banal en soi, on ne peut plus anodin.
Aujourd'hui tout le monde en a un, voire deux ou plus.

Nos répertoires foisonnent de ces suites de chiffres : ceux qu'on compose souvent, ceux qu'on n'ose pas appeler, ceux dont on ne sait même plus à qui ils appartiennent, ceux qu'on garde alors qu'on n'a plus de contact avec la personne depuis une éternité, ceux dont on sait pertinemment qu'ils sont faux etc.

Et pourtant, malgré l'ordinarité de ce fait, on ne peut qu'admettre l'importance qu'il a pris dans nos quotidiens.

Il y a peu de temps de cela, je me suis fait volé mon portable, et c'est dingue la cascade de conséquences que ça a pu avoir !

En vous épargnant tous les détails, j'en suis tout de même arrivée à squater dans un hall d'entrée, dont le minuteur s'éteignait toutes les cinq minutes, et ça après avoir poireauté dehors, dans la nuit et le froid,vingt minutes, qu'une personne rentre dans l'immeuble pour y accéder, à ce fameux hall.

Là, la personne (bon d'accord le mec) que je voulais voir était évidemment absente, je me suis donc cassé la tête à lui écrire un mot "neutre et détaché", qui s'est transformé en lettre, puisque j'ai la fâcheuse tendance à me justifier sans fin quand il s'agit de faire croire que je m'en fous alors que c'est loin d'être le cas.

Evidemment, ça ne passait pas sous sa porte...

Bref, le mec s'est avéré être un gros relou, frôlant la schizophrénie, et la cruauté indécise, donc passons.

Revenons-en aux numéros de téléphone, car outre ceux que l'on perd (et qu'on s'acharne à récupérer pour rien) il y a avant tout ceux que l'on donne.

Ce weekend, soirée bien arrosée au Sirius comme le veut la coutume, je me suis enfin décidée à laisser mon numéro à un serveur qui depuis quelque temps, est tout plein d'attentions envers moi.

Je pourrais même dire qu'il a sorti le grand jeu : glaçons dans le décolleté, coups de torchons aux fesses, "faux" shooter cadeau pour mon anniversaire (grenadine+eau), vraiment le genre de type auquel on ne résiste pas, n'est-ce pas?

Bon ok, il s'est montré plus que maladroit, mais il a aussi assuré la plupart du temps, donc finalement, hier soir, j'ai vite fait griffoné mon nom et mon portable sur un bout de papier, et je le lui ai laissé en partant.

Et depuis, j'attends...

C'est affreux comme cet acte, bénin, puisque s'il n'aboutit pas, on se dit qu'on aura au moins essayé et que c'est pas grave, de toute façon, ce type, on le connaît même pas, peut peser sur la conscience, ou plutôt sur l'inconscient...

On se demande si on a été trop audacieuse, si on a inventé ses regards insistants, ses remarques ambigües, on se demande si à ce moment précis, le mec en question, se fout de votre gueule avec un pote ou s'il a simplement zappé, ayant jeté le mot aussitôt après que vous avez tourné le dos.

Bref, comme quoi, un numéro de téléphone, ça perturbe sacrément le quotidien. C'est presque la formule magique des temps modernes!

Une sorte de sort, d'incantation vaudoue, qui a la main mise sur notre humeur, nos émotions, voire notre corps !!!

Enfin, je raconte n'importe quoi en bref, puisqu'en réalité, le problème ce n'est pas tant le numéro que le mec qu'il y a derrière.

Non, en fait le vrai problème, le problème fondamental, c'est les mecs en général, le genre masculin dans sa totalité.

Oui, finalement, tout ça pour dire ce que tout le monde sait, les mecs, c'est toute une histoire, l'histoire d'une vie même !