Un spécimen que l'on croise de manière récurrente lorsque l'on est célibataire, c'est le baratineur.
Il y en a évidemment plusieurs sortes, et ils ne jouent pas tous dans la même catégorie. Certains sont plus convaincants que d'autres, qui se font repérer en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire. Mais le problème reste le même, ils ont ce besoin vital de nous embobiner.
Le plus répandu, ou tout du moins, le plus reconnaissable, est celui qui hante les pubs, les bars, les boîtes de nuit. Il nous donne toujours une impression de déjà vu, soit parce qu'effectivement on l'a déjà croisé, soit parce qu'il ressemble au mec lambda par excellence, soit, et c'est selon moi la principale raison, parce qu'il nous sort le discours prototypique du baratineur :
"Bonsoir mademoiselle. Vous êtes charmante. On vous a déjà dit que vous avez des yeux magnifiques ? etc"
C'est le genre de type qui simule le coup de foudre de manière si excessive qu'il n'a strictement aucune crédibilité. De plus, le fait qu'il vous offre systématiquement verre sur verre, dans l'intention mal dissimulée de vous saouler et cela afin de vous mettre plus facilement dans son lit, le rend pitoyable, mais aussi utile quand on est fauchée...
Et n'allez pas me repprocher d'être manipulatrice, c'est lui qui a commencé à mentir, je ne fais que lui donner une bonne leçon.
Un autre spécimen assez courant, c'est le baratineur nocturne. Celui-ci vous mène en bateau toute la soirée, toute la nuit, mais une fois que le jour se lève, il est incapable de poursuivre la mascarade plus longtemps. A moitié honnête, ou à moitié malhonnête, tout dépend comment on envisage la chose, ce jeune homme regrette ou culpabilise toujours le lendemain. Bon, l'orgueil mis à part, c'est assez drôle de l'observer, essayant de se dépatouiller comme il peut de la situation dans laquelle il s'est mise, cherchant des prétextes, des excuses, tentant d'éviter la crise d'hystérie et de se retrouver en slip sur le pas de la porte avec ses vêtements jetés par terre. C'est le genre de type qui baissera toujours les yeux quand il vous recroisera par hasard.
Et n'allez pas dire que je suis cruelle, que je me divertis du malheur des gens. Ce jeune homme a voulu jouer, mais il n'avait pas les épaules assez larges, l'humiliation du lendemain lui apprendra que lorsqu'on est encore qu'un gamin, on ne fait pas semblant d'être un homme.
Et le pire de tous, c'est le baratineur compulsif. Ce type, vous l'avez rencontré ivre morte sur la piste de danse. Vous lui avez expliqué en long, en large et en travers, que dans moins de deux mois vous quittez la France pour un an. Vous avez été claire : que du plaisir, rien de sérieux. Il a semblé enchanté de rencontrer une nana "open et pas prise de tête", et dit qu'il apprécie ne pas avoir à baratiner justement. Il rentre avec vous, vous fait l'amour toute la nuit, en vous sussurant des mots doux à torrides. Et le matin, lorsque vous vous apprêtez à partir sans rien demander de plus, il ne peut pas s'en empêcher, il vous demande votre numéro.
"Non, ça serait dommage de se quitter comme ça, au pieu c'était super, alors on pourrait se revoir de temps en temps histoire de partager des bons moments. Sans plus. On serait des sexfriends..."
Si effectivement, au pieu le jeune homme a assuré, la proposition s'avère tentante: un plan cul régulier, c'est sain et surtout c'est simple...
Mais en réalité, trois sur quatre mentent. A cause du fait que leur virilité se sente menacée de n'être qu'un objet sexuel pour une femme moderne, ils ont ce besoin de nous faire croire ce qu'ils ne feront pas.
Finalement, le mythe de la femme romantique n'existe que pour leur besoin à eux. Vexés, humiliés, de n'avoir été rien de plus qu'un bon moment, ils ont ce besoin de nous faire espérer plus, afin de pouvoir ne pas nous le donner, afin d'avoir le plaisir de ne jamais nous rappeler, afin de se marrer en nous laissant sans réponse.
Ces jeunes hommes, à qui on avait spécifié dès le départ que ça ne serait que l"histoire d'une nuit, nous font volontairement envisager une seconde rencontre, pour nous laisser sur le carreau.
On ne les a pas forcés à donner leur numéro et à prendre le nôtre, on ne les a pas obligés à nous faire cette pseudo-déclaration, on n'attendait rien d'eux, et justement.... Là est tout le problème, ils ont besoin qu'on leur coure après, qu'on soit triste, qu'on se sente roulée. Cales valorise, ça les virilise, ça les fait se sentir puissants et conquérants.
pfffffffffffffffffffff
Je ne comprends pas qu'on me donne un rendez-vous, qu'on me présente à ses potes, qu'on m'emmène chez soi, pour finalement ne plus donner aucune nouvelle.
C'est un jeu bien cruel, où il est difficile de ne pas se faire avoir.
Mais une chose est sûre, c'est que lorsque je recroise un de ces types, je mets un point d'honneur à leur dire bonjour avec mon plus grand sourire, afin qu'ils comprennent bien qu'ls ne m'ont pas atteinte une seule seconde... Même s'ils m'ont fait suffisamment enrager pour que je leur dédie un article sur mon blog...
Messieurs qui lisez ce blog, si vous appartenez à une de ces trois catégories, le conseil reste le même, jouez franc jeu, ça sera tout bénef' pour vous...
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vendredi 12 juin 2009
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