On s'est tous, un jour, en passant, entendu prononcer les paroles suivantes "Alors ça c'est le comble..."
Alors qu'on se tape en urgence les courses à 18H30 en sortant du boulot parce que si l'on peut vivre de livraisons de pizzas, on ne peut décemment pas vivre sans papier toilette (ni le moindre substitut tels que des mouchoirs ou de l'essuie-tout) qu'on a l'esprit complètement retourné après une longue et éprouvante journée de travail, tant et si bien qu'on ne remarque pas qu'on fait la queue à une caisse prioritaire et qu'au moment où notre tour arrive et alors que l'on a que deux articles dans les mains (dont les 12 rouleaux cités précédemment), on doit céder sa place à une femme enceinte qui a un caddy plein à raz bord... On doit le dire, on fulmine... Et le comble, c'est que même enceinte, elle a moins de ventre que vous...
Voilà un exemple (fictif ou non, à vous d'en juger) qui a le don de nous mettre hors de nous.
Mais, ne soyons pas égocentriques, et songeons aux fois où nous avons nous-mêmes, avec un intense et vicieux plaisir, excédé quelqu'un.
Comme, par exemple, en se garant le long d'un trottoir, au beau milieu d'un espace libre (et non pas proche de la voiture de derrière ou de celle de devant) pour ne pas avoir à faire de manœuvres au moment de partir, empêchant ainsi le prochain automobiliste de stationner et l'obligeant à se taper deux tours de pâte de maison pour finalement se dégoter une place. Et le comble, c'est qu'on avait la direction assistée...
Il semblerait que ce soit un fait établi dans les rapports humains que, selon notre humeur, nous fassions preuve d'urbanité... ou pas.
Faire payer à l'inconnu suivant, le manque de civilité de l'inconnu précédent. Le resto où vous avez vos habitudes est exceptionnellement fermé aujourd'hui, contrarié de ne pas obtenir votre savoureux assortiment de sushis à propos duquel vous aviez salivé toute l'après-midi, vous décidez que vous ne donnerez aucun pourboire au gentil et ponctuel pizzaiolo qui vous livrera plus tard dans la soirée, la pizza sur laquelle vous vous serez rabattu par dépit.
Et cætera, et cætera...
On peut imaginer aisément les répercussions de votre comportement vis-à-vis du pizzaiolo. Dépité, il prendra le temps de s'en griller une sur le parking avant de finir sa tournée de livraison, et du coup il se tapera tous les feux rouges, le retard s'accumulant, il arrivera avec 25 minutes de retard à la dernière adresse, une famille nombreuse, où les enfants, impatients de manger seront venus à bout de la patience de leur mère et auront finis consignés, chacun isolé dans sa chambre.
C'est un cercle vicieux. Mais contrairement à d'autres, ce cercle-ci est très facile à briser, il suffit d'être au-dessus de tout ça, de laisser couler et de ne pas chercher forcément à rétablir un soi-disant équilibre.
Cette satanée femme enceinte me grille à la caisse, tant pis, je lui propose même de l'aider à décharger ses courses. Et du coup, oh, elle n'a pas la carte fidélité du magasin, mais moi si, pour me remercier, elle me donne ses points (et ça en fait beaucoup vu la taille de son chariot) et oh miracle, j'en ai enfin assez pour acquérir le superbe bain-de-pieds que ma chère belle-mère désire ardemment et dont elle me rebat les oreilles depuis des mois... Et du coup, le dimanche suivant, lors du repas chez belle maman, pour une fois, l'ambiance sera détendue et elle m'épargnera sa litanie de reproches et son opéra de gémissements.
Bienvenue dans la plénitude du cercle vertueux... Vous vous sentez bien ?
jeudi 25 mars 2010
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Positive attitude ! Je te donne 2 points de civilité, 3 points de vertu et 10 de plaisir. Tu passe au niveau 4, bienvenue à bonheurland...
RépondreSupprimerNicoChapo>> Serais-tu un brin ironique jeune homme ???
RépondreSupprimerPas du tout ! J'applique cette technique depuis quelques années et suis comblé de voir tout ces aigris insatisfaits qui passent leur temps à faire chier leurs congénères alors que je leur souris naïvement... Je suis un bisounours dans un monde de GI Joe mais je suis un bisounours et je suis donc heureux ! na !
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