Dublin est en effervescence.
A J-3 du fameux paddy's day, toute la ville a revêtu son habit de fête, c'est-à-dire vert et doré. Un peu partout, on voit des trèfles pousser de nulle part, et verdir les trottoirs irlandais.
Subitement, les Leprechauns deviennent monnaie courante dans le paysage, et on en croise à tous les coins de rue, plus ou moins barbus et plus ou moins ventrus. Et le tout à chacun s'amuse à porter des versions miniatures ou géantes du célébrissime chapeau de farfadet.
Une aura festive a envahi les rues et pris possession de leur passants, et même le temps semble être de bonne humeur avec son soleil radieux, son air frais et vivifiant et surtout toutes ces effluves de bourgeons naissants, de plantes se réveillant d'un long sommeil hivernal, bref, les hommes et la nature sont fin prêts à célébrer la plus grande fête traditionnelle irlandaise...
Même si le saint à l'honneur n'était même pas irlandais, enfin, ne parlons pas de choses qui fâchent...
Mais malgré le fait que le jour officiel soit mercredi, c'est-à-dire le 17 mars, toute la semaine est réservée aux festivités. En Irlande, on en fait pas les choses à moitié, non on les fait plutôt en septuple...
Une semaine d'animations de toutes sortes, une semaine de soirées arrosées au pub, une semaine à part entière, où les gens sont particulièrement chaleureux et gais lurons.
Mais aussi et surtout, une semaine où Dublin est littéralement pris d'assaut par les touristes et devinez d'où viennent ces touristes en majorité ?
Bingo, vous avez deviné, ils sont Français.
Cela fait quelques jours, qu'il est strictement devenu impossible de faire un pas dehors sans entendre quelqu'un s'exclamer en français ou encore parler en anglais, mais avec un accent francophone reconnaissable entre tous.
Du coup, fini le comportement sans gène tranquille, il n'est plus permis d'exprimer à haute voix le moindre commentaire sur une tenue, ou une action, ou encore une attitude, nos compatriotes sont partout. Nous sommes cernés.
Et là, un nouveau sentiment de fierté mal placée est apparu soudainement, celui de ne pas être un "touriste" à leur instar.
Alors qu'il n'y a absolument rien de mal en soi à voyager de part le monde et à endosser le statut de touriste, nous qui ne sommes pas là en simples visiteurs, et qui avons une expérience relativement conséquente de Dublin et de l'Irlandais en général, nous sentons différents, voire un poil supérieurs à ces gens de passage.
Ils sont Français, nous sommes Français, et pourtant, en de rares occasions comme cette semaine de festivités, on se sent plus proches des Irlandais que de nos compatriotes.
Simple esprit de contradiction diront certains. Et ils n'auraient pas tort dans le fond, il est caractéristique du comportement français de vouloir se singulariser.
Mais, il y a aussi le fait, qu'après déjà 8 mois en Irlande, on sent qu'un bout de nous, un morceau de notre identité, de notre histoire appartient à ce pays, à cette culture. Nous ne sommes définitivement pas Irlandais, mais quelque part on se considère un peu comme l'un des leur.
Alors, voilà pour le premier article d'une série décernée au paddy's day. J'essaierai d'être assidue et rigoureuse pour cette semaine qui promet d'être exceptionnelle et inoubliable.
dimanche 14 mars 2010
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Sort de là Leprechaun, laisse ma fille!!!
RépondreSupprimerJe vois bien que Dublin l'a encorcelée, et qu'elle est fin prête (à part le chapeau) pour la Saint Patrick.
Je viendrai avec du beaujol-pif pour conjurer le sortilége.
Machezal DAD
Je me demande si, au bout de 8 mois, tu as du gazon vert à l'intérieur, comme dans les Contes de la Crypte.
RépondreSupprimerAprès tout, Creepshow, ça sonne un peu comme Leprechaun...
Lfrcdm