jeudi 3 juin 2010

173- Lettre ouverte

Toi,

Et bien, cela faisait longtemps que notre correspondance, quelle qu'elle soit, n'avait pas été aussi abondante et régulière.
On se retrouve tout en se perdant en quelque sorte... Mais j'hésite à laisser cette phrase dans mon mail qui pourrait être interprétée comme un énième poignard... Allez, je tente le coup, car elle sonne bien et que toi aussi tu aimes les jolies phrases même si elles sont un peu tristes.

Je te remercie de m'avoir éclairé les méandres de ton esprit, de m'avoir invitée dans l'intimité des nœuds de tes sentiments, de m'avoir laissée entrer dans le labyrinthe de tes pensées.

Les sentiments sont sans doute ce qu'il y a de plus compliqué chez l'être humain, car ils sont par nature irrationnels. On ne peut donc ni les contrôler, ni les orienter, et parfois on n'arrive même pas à les comprendre. La seule chose dont on soit capable, c'est de les cacher, de les étouffer, de les combattre, sans savoir par avance si l'on sera vainqueur sur nous-même, ni combien de temps prendra la bataille.

Certains sont plus doués que d'autres, certains supportent mieux la souffrance, certains acceptent le sacrifice, d'autres non.

Le fait est que ressentir c'est vivre, créer et détruire.

Alors si tu veux ressentir d'autres sensations, t'endormir dans les bras d'autres femmes, t'adonner à de nouveaux ballets avec la gente féminine, tester ton art, tester ces demoiselles... Je ne peux que te dire "fonce".

Mais attention, quand on joue avec le feu, on se brûle parfois. Et toi qui penses éteindre d'anciennes flammes en les noyant dans les yeux d'inconnue, tu pourrais bien en allumer une nouvelle. Déclencher une étincelle, provoquer un incendie...

Et, c'est sincèrement tout ce que je te souhaite.

Les anciennes flammes ne s'éteignent jamais totalement, et peuvent même renaitre de leurs cendres des années après, mais de nouvelles flammes peuvent briller si ardemment qu'elles te rendront aveugle à tout ce qui n'est pas leur lumière.

(...)

Car encore une fois, les sentiments sont de sombres dédales où l'on se perd parfois si l'on n'est pas guidé par les liens tissés depuis des années avec une personne...

(...)

Quant à ton rêve, mon côté scientifique te dira que c'est une banale coïncidence, mon côté freudien te dira que c'est un peu simpliste comme analyse, et qu'il faut approfondir la réflexion, et enfin mon côté le moins terre-à-terre te dira que notre inconscient, siège de nos sentiments s'exprime librement la nuit sur toute notre vie émotionnelle dont on n'a pas forcément conscience puisque notre raison, notre rationnel l'inhibe, l'ignore, le réduit au silence quand nous sommes éveillés.

Et moi qui ne me souviens presque jamais de mes rêves...

(...)

A très bientôt Toi

1 commentaire:

  1. La liberté c'est de choisir.
    Le choix ne doit rien avoir d'irrationnel si l'on veut batir construire une vie.
    Imaginons une vie ou chaque instant est remis en cause par le choix de la seconde suivante (cela devient un bordel dans tous les sens du terme)
    Alors les sentiments sont ce qu'ils sont, ils sont puissants variables et contradictoires soit nous faisons le choix d'être leurs esclaves et subissons chaque variation soit d'être libre.
    Machdad

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