L'appréhension.
C'est un sentiment inutile dans le meilleur des cas, mais qui peut très rapidement devenir nuisible s'il nous empêche de vivre, s'il nous gâche nos vies, s'il nous empoisonne nos nuits, nous rendant insomniaque, irritable, inefficace car trop stressé.
Et pourtant, même moi qui suis parfaitement consciente de ce fait, qui suis peu soumise aux aléas du stress, il m'arrive d'appréhender...
On ne peut pas s'en défendre, ce sentiment de peur à la simple idée que le pire pourrait arriver est plus fort que nous. Une sorte de tendance incontrôlable au pessimisme, à envisager les plus sombres scénarios.
On pourrait dire que cela vient d'un manque de confiance en soi, mais justement, je crois que l'appréhension vient d'un manque de confiance en l'autre. Une peur irraisonnée de ne pas le connaitre suffisamment, qu'il ne soit pas à la hauteur de ce que l'on attend, de ce que l'on espère de lui. Un sentiment d'incertitude extrême quant à sa réaction.
Oui, cette angoisse est différente d'un simple stress avant un examen où il s'agit simplement de reprendre confiance en soi, de se maitriser et de donner le meilleur de soi. L'appréhension est due au fait qu'il y ait un facteur inconnu dans l'équation, l'autre.
Ainsi on appréhende la réaction de quelqu'un, ce qu'il va dire, comment il va prendre les choses. On craint l'autre, on craint qu'il nous rejette, qu'il nous blesse, qu'il nous juge.
Car pour ressentir de l'appréhension il faut d'abord se mettre en péril, s'exposer à autrui, s'engager, prendre des décisions qui ne nous concernent pas uniquement.
Mais peu importe le pourquoi du comment au final... Le fait est que c'est inutile, car si effectivement notre appréhension était justifiée, rien ne sert de se pourrir la vie avant, le moment en lui-même sera suffisamment désagréable, alors autant limiter les dégâts. Et dans le cas ou elle était injustifiée, elle nous aura causé bien des soucis inutiles, bien des nuits blanches vaines, bien des pensées maussades stériles. Et on se passe aisément de ce genre de superflu.
Alors sachant cela, pourquoi raisonnablement nous n'arrivons pas à nous défaire de ce sentiment. Et bien parce qu'il est la face opposée de l'espoir.
Tout comme nous ne cessons jamais d'espérer, de croire que le meilleur puisse nous arriver, nous ne cessons jamais d'appréhender, d'imaginer que le pire puisse se produire.
L'appréhension et l'espoir sont les deux facettes d'une même ignorance de l'avenir. On ne sait de quoi demain sera fait, mais l'on ne cesse d'émettre plus ou moins consciemment des hypothèses quant à celui-ci. C'est une sorte d'activité permanente, comme un bourdonnement sourd dans nos crânes... En effet les centaines d'imprévus qui jalonnent chaque jour nos vie nous oblige sans cesse à recommencer le long calcul de l'équation compliquée de nos vies.
Et pourtant, ce calcul est vain, car certaines données nous échapperont jusqu'au dernier moment, car nous sommes faillibles et faibles, car nous sommes extraordinaires et absurdes, car la destinée humaine ne réside à la fois en rien et en tout.
Mais un peu de méthode Coué ne nous ferait pas de mal en ce qui concerne l'appréhension, car toute idée qui se grave dans notre esprit tend à devenir réalité dans la mesure du possible. Ainsi, avant de convaincre l'autre, soyons d'abord sûrs et certains nous-mêmes, nous n'en seront que plus convaincants.
mardi 1 juin 2010
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appréhension ou coué peu importe les évenements arrivent
RépondreSupprimer. plouf dans le grand bain "coué coué" mon petit canard (il s'est enrhumé en irlande)
Machdad