jeudi 28 mai 2009

047- La seconde d'avant

Alors que ma liste d'examens à passer diminue de plus en plus, alors que les ventilateurs ont été remis en marche pour lutter contre la chaleur, alors que mon dossier pour l'Irlande a été envoyé par chronopost (45 euros quand même ! en fait, je crois que j'ai payé le billet d'avion à mon courrier...), alors que les barbecues commencent à proliférer, alors que j'ai déposé à droite et à gauche des dizaines de C.V., alors que mes cheveux m'arrivent enfin sous le menton, je reste dans l'expectative.

Le mois de juin sera le mois des verdicts.

Une année entière de boulot, de démarches, d'examens va, en l'espace de quelques dizaines de jours, révélé (ou pas) son potentiel.

Vais-je devenir une honorable étudiante titulaire de deux licences avec mention ?

Vais-je devoir acheter un billet d'avion pour Dublin ?

Vais-je obtenir un job d'été sympa et bien payé ?

Vais-je avoir de bonnes raisons de faire la fête de manière excessive et décadente ?

Ma vie va-t'elle définitivement changé ?

Notre histoire est faite ainsi, de longues et lentes périodes de maturation et de réflexion, et d'intenses et brefs moments de réalisation.

Cela ressemble à un escalier géant, où l'on stagne sur une marche pendant une période plus ou moins longue, et d'un coup, on se retrouve au niveau supérieur, sans réellement réaliser ce qui s'est passé, comment cela s'est joué, à quel instant précis votre vie a basculé...

C'est étrange cette sensation d'être toujours surpris au moment où les choses vers lesquelles on n'a cessé de tendre deviennent accessibles.

C'est étrange cette sensation d'être toujours surpris au moment où, quand on regarde en arrière, on réalise tout le chemin parcouru, toutes les marches montées...

On ne s'habitue jamais au changement, que ce soit la réussite ou l'échec. A chaque fois que notre vie évolue, on n'éprouve systématiquement ce sentiment d'étonnement, de perplexité, de nouveauté.

Mais en ce qui me concerne, je n'en suis pas encore là, non, pour ma part, je suis au pied de la marche suivante, apercevant avec envie tout ce qui m'attend en haut et que je ne connais pas encore, en me demandant si j'ai réussi à trouver le bon moyen de monter.

Je suis dans l'expectative.

J'aime la particularité de cet état, celui où quelque part tout est joué, mais où on ne sait pas encore. Comme avant le premier baiser, on voit le visage de l'autre se rapprocher, on sait qu'il va nous embrasser, on sait que ça va arriver, mais on ne sait pas si ça va être un feu d'articifice ou un pétard mouillé (pardonnez-moi l'expression).

Alors voilà, comme une adolescente timide et troublée à la fois, j'attends que la vie me donne mon premier baiser. Je la vois nettement, de si près que je la touche presque, et je suis fébrile à l'approche du moment fatidique.

J'aime les premiers baisers.

Il ne devrait y avoir que des premiers baisers. L'habitude, la routine, le quotidien ne devraient jamais avoir le droit de leur ôter leur magie, celle qui fait que même si le monde, à l'instar du ventilateur dans le coin de la pièce, continue à tourner, cet instant-là semble suspendu et figé à tout jamais.

Wouah, c'est trop beau ce que je dis, je m'émeus moi-même...

Mouahahahahahahahahahahah

2 commentaires:

  1. Une vieille réminiscence de cours de philo me reviens en lisant ton post.

    -Tentative de transcription correcte-

    Il faudrait créer un mécanisme faisant jaillir instantanément un divertissement, afin d'éviter l'ennui survenant après le baiser ayant clos la quête de celui-ci.

    Je suis un tantinet fatigué, puisses-tu comprendre cette tentative de remémoration.

    Sinon, je n'arrive à m'imaginer tes cheveux plus longs, mais j'aime bien la coupe de ton avatar.

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  2. Effix> J'ai à peu près la coupe de mon avatar, ce qui est une grande victoire si on considère les 6mm de cheveux que j'avais sur le crâne en août ^^

    Sinon, excellente référence, la tentative de transcription correcte, je ne connaissais pas mais je vais de ce pas aller me renseigner ^^

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