mardi 17 mars 2009

010- I had a dream

Des fois, je me sens insatiable, pas mon estomac, mais bien ma faim de vivre.

Je me lève certains matins avec des tas d'envies : apprendre à jouer de la guitare, et puis aussi du piano, et du violon, parce que le violon, c'est romantique, et puis je me dis que je vais me remettre au dessin et pourquoi pas écrire enfin ce manga qui me trotte dans la tête depuis Sailor Moon et le Club Dorothée (soit très longtemps).

Après mon esprit s'emballe et il n'y a plus de limites, je me dis qu'il faut absolument que je me remette au théâtre et que je me dégote un cours, et que j'aimerai bien faire du yoga aussi, et pourquoi pas de la cuisine, après tout je suis loin d'être la parfaite petite femme d'intérieure et je ne rêve pas de le devenir, mais il ne faut pas nier que certains hommes ont été conquis grâce à une silhouette agréable, un esprit charmant et un bon boeuf bourguignon !

A ce moment-là, toute raison quitte mon esprit, et une fièvre impatiente l'envahit : non finalement, tout ça, j'aurai le temps de le faire quand je serai à la retraite, d'ailleurs je suis sûre et certaine que je reprendrai le chemin de la fac vers la soixantaine. Tout de suite, là, maintenant, j'ai envie de faire le tour du monde en stop, de passer un an en Inde, trois ans en Amérique, Nord et Sud, et puis aller en Australie, en Nouvelle-Calédonie, en Suède, au Pôle Nord, voir une aurore boréale,... Prendre mes clics et mes clacs et partir à l'aventure.

Puis d'autres désirs naissent, je ne veux pas faire tous ces périples seule, je veux les partager avec un pote ou un petit copain...

Ah... un petit copain, oui du coup j'aimerai bien me poser, sentimentalement parlant, avoir un couple stable et durable, mais pas routinier ni exclusif pour autant, m'éclater autant que maintenant mais à deux !

Et puis je me mets à penser : "J'ai quand même pas passé trois ans à la fac, à me taper deux licences, pour craquer trois mois avant la fin et ne pas avoir de diplômes..."

"Ma retraite chouette, je ne l'aurai que si je travaille, et si je ne veux pas être à la retraite au seuil de ma mort, il faut que je commence à travailler jeune, pas à trente ans..."

Du coup je sombre dans un dilemme moral insupportable, suis-je ou non en train de passer à côté de ma vie ?

Est-ce que contenir ma folie présente afin de privilégier un avenir radieux est un bon choix ?

Et c'est alors que je songe à mes sept futurs enfants, de moi, et/ou adoptés, à ma vie en communauté avec trois ou quatre autres couples dans une immense maison avec piscine et femme de ménage, et tous nos enfants qui crapahutent à droite et à gauche.

Comment une seule personne peut-elle avoir autant d'envies contradictoires !

Vouloir voyager et en même temps m'installer dans une immense ferme restaurée, vouloir être libre et en même temps connaître la vie de couple, vouloir avoir une vieillesse tranquille, mais profiter inconsciemmment de ma jeunesse...

Du coup, au lieu de m'arracher mes cheveux qui repoussent tout doucement, depuis que je les ai rasés à 6mm en août dernier, et de me mettre en position foetale, prostrée, dans le noir, je souris.

Je souris, parce que je me dis :

"Zen, dans quatre mois à peine, tu décolles pour l'Irlande pour une année entière, toutes ces questions peuvent attendre ton retour non ?"

Et là, ma décontraction s'effiloche... Et si la grève se prolongeait à tel point que les examens finaux n'avaient pas lieu ? Et si du coup je n'avais pas ma licence et je devais me taper une année supplémentaire à Lyon ? Et si ? Et si ? Et si ?

Bref, c'est un supplice sans fin, mes tourments ne cessent jamais...Ah pauvre de moi !

Du coup, mes cogitations quasiment obsessionnelles qui me hantent toute la semaine expliquent mieux les cuites phénoménales que je me prends le weekend pour déconnecter mon cerveau...

Même si chaque samedi et dimanche midi, quand je me réveille avec la gueule de bois, je regrette de ne pas être allée au marché ou faire une brocante, comme j'en mourais d'envie en début de semaine.

On peut donc dire que je suis fondamentalement heureuse, puisqu'il paraît que les hommes sont plus heureux dans l'espoir de le devenir un jour, que quand ils le sont vraiment.

Parce que l'espoir, ça j'en ai, à défaut de volonté !

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