Je me sens riche...
Les bourses sont enfin tombées et ça y est je ne suis plus dans le rouge...
Je crois d'ailleurs que je n'ai jamais eu autant d'argent sur mon compte, quatre chiffres dans le positif, c'est un record pour moi et mes quatre années précédentes de salaire de misère.
En fait, plus que de me sentir riche, je me sens enfin étudiante, vraiment.
Depuis que j'ai commencé la fac, j'ai toujours eu des emplois du temps de galérienne, avec cinquante heures par semaine, entre mes deux licences et mon job à mi-temps. Meme si la jeunesse dort peu, les semaines étaient tout de meme relativement calmes et je ne m'accordais réellement de vrai bon temps que les weekends.
Mais cette année, avec mes trois cours par semaine, mon job de remplaçante avec des bouts de chou bilingues et non des adolescents en crise identitaire qui me prend un midi par semaine, la plupart du temps, je suis libre.
Du coup, je fais beaucoup de soirées, meme simplement des bouffes à la bonne franquette, comme ce soir, à jouer à la bataille corse et au tabou (clin d'oeil à Morgane). Mais je me balade aussi beaucoup, vais à la piscine, au sauna, au hammam.
Bref, la vraie vie d'étudiante, celle où tu profites de tes journées avec encore une certaine insouciance et une joie de vivre insassiable, celle où les contraintes et les responsabilités du monde adulte te semblent loin, très loin.
Et je savoure d'autant plus cette vie que j'ai connu l'autre avant, avec son stress, sa fatigue, sa pression, son ras-le-bol, son décompte des semaines...
Cette année erasmus est vraiment une expérience fabuleuse ne serait-ce que parce qu'elle me permet d'etre enfin et totalement une étudiante.
Je bouillonne d'envie d'aller faire les musées, de me faire des toiles, de lire, d'apprendre. Mais à coté de ça, je peux faire de loOOOongues grasses matinées et aussi passer des heures devant mon ordinateur à regarder des séries.
Je suis riche, et pas que sur mon compte en banque, je suis riche de temps, de motivation, de possibilités, de rencontres, de soirées, de découvertes...
En plus, j'ai rencontré il y a de ça un mois un jeune Irlandais qui m'aide grandement à approfondir mes connaissances de la langue anglaise et de la culture locale. On passe pas mal de temps ensemble, je vis enfin une de ces idylles étudiantes sans contraintes, ni prises de tete, puisqu'on peut se voir quand on veut, on est toujours dispo, enfin presque.
Voili, voilou, ce message ne vous en apprend pas beaucoup sur l'Irlande en elle-meme, ni meme sur moi, mais il vous encourage vivement, si un jour vous en avez l'occasion à tenter l'expérience vous aussi.
L'étranger, l'euphorie de l'ailleurs, la folie de l'inconnu... Une ivresse jusqu'alors inconnue mais qui méritait vraiment d'etre vécue, et il me reste encore de longs mois pour en profiter, en user et en abuser.
Mais pour garder un souvenir impérissable de mon séjour, une trace indélébile, je l'ai fait. En Irlande c'est facilement cinq fois moins cher qu'à Lyon en plus. Oui, je me suis faite tatouer.
Je sais d'ores et déjà que mon père est en train de bondir devant son écran d'ordinateur, mais l'avantage, c'est que de là où il est, il ne peut pas m'étriper...
mardi 3 novembre 2009
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