J'ai appris très tôt à mentir.
Comme la plupart des enfants, j'affirmais m'être brossé les dents, ne pas avoir tiré les cheveux de ma sœur, bref, je prétendais être un modèle d'obéissance.
Mais ça, tous les enfants, sans aucune exception, aucune, le font. Il semblerait que cela soit dans nos gènes de transgresser les règles et d'ensuite nier l'avoir fait.
En revanche, ce qui est moins commun, c'est de passer maitre en la matière et surtout d'en arriver au point ou mentir est quasiment un réflexe, un automatisme. On doit le faire, c'est comme une addiction, il faut qu'on invente un truc bidon. Et le pire, ou le meilleur, c'est qu'on devient tellement doué que personne ne met en doute nos paroles.
Mais, cela en devient extrême et surtout inutile. On ment sur le prix d'un vêtement, alors qu'il n'y a aucun intérêt pour soi ou pour les autres. On ment sur le temps d'un trajet, alors que cette information est secondaire. On ment sur notre moyenne au bac, alors que tout le monde s'en contrefiche.
Le pire, c'est qu'à la longue, on finit par y croire pour de vrai. On se persuade soi-même, qu'effectivement, ce Noël de 89, il y avait eu 75cm de neige dans le village de nos grand-parents alors qu'en réalité, il n'y avait que deux trois flocons.
Mentir est devenu une seconde nature, une seconde vie, un nouveau passé auquel on croit dur comme fer. Du coup, est-ce que l'on ment encore, quand la version erronée est désormais la seule qui subsiste et que l'on n'a absolument pas conscience que la vérité est toute autre ?
Je suis de ce genre-là, à mentir spontanément sur des détails insignifiants comme la couleur de ma petite culotte. Mais, c'est pathologique, je ne peux pas m'en empêcher.
Oui, je ne mets que 20 minutes à aller à ma fac à pied et non pas 30 en réalité.
Oui, je mets mon réveil à 8H tous les matins, alors que je sais pertinemment que je ne me lèverai pas avant 10H.
Non, ça me dérange pas de faire le ménage tous les jours, même si j'ai vraiment l'impression d'être votre esclave et cela sans aucune reconnaissance ou gratitude.
Mais voilà, ça sort tout seul, malgré moi, et au moment où les mots franchissent le seuil de mes lèvres, que mes oreilles entendent le son de ma propre voix, l'information initiale disparait de mon cerveau et est remplacée par celle entendue.
Je suis la première à me mentir.
Encore une fois, le but n'est ni de nuire aux autres, ni de me mettre en valeur, c'est juste que 20 ça sonne mieux que 30, ça me semble plus faisable à moi-même, que j'ai l'espoir qu'un jour je me lèverai à la première sonnerie de mon réveil, et que je ferai partie de ceux à qui la vie appartient, que je veux croire que je suis de nature serviable, alors que finalement pas tant que ça...
Bref, tous ces petits mensonges quotidiens, qu'on ne remarque même plus à la longue, auxquels on adhère sans aucune résistance, qui sont tellement vains que personne n'aura l'idée saugrenue de les remettre en question.
Oui, j'aime le thé, alors que c'est juste de l'eau chaude, pas de quoi se pâmer.
Oui, je l'achète, alors que je sais avec certitude que je ne le porterai absolument jamais.
Non, moi je ne suis pas une grosse fumeuse, j'arrête quand je veux, mais chaque semaine, je retourne acheter mon paquet.
Non, je ne le jette pas, ça pourrait resservir, un tire-bouchon fluorescent ça peut être utile en cas de coupure de courant.
Oui, je crois que j'ai envie de me couper les cheveux, même si je le regretterai dès que je verrai la première mèche tomber sur le sol.
mercredi 17 février 2010
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Je ne suis pas ta louve préférée, alors?
RépondreSupprimerSob!
Bon. Je vais pendre mon linge, à défaut de me pendre.
LFRCDM
LFRCDM>> Mais si, tu es ma louve préférée... vue que tu es la seule... hihihihi
RépondreSupprimerj'espère que tu as bien conscience, que tu n'as jamais mangé de choco à la menthe qui à force de mastication, devient un chewing gum!
RépondreSupprimerpauvre de toi!
clairo
Clairo>> Si même que c'était le dernier et unique paquet ???
RépondreSupprimern'empêche, que meme si j'ai toujours su que ce prototype de choco n'avait jamais existé, et beh sache que j'aurai bien aimé l'inventer cette histoire!
RépondreSupprimerclairo
le mensonge est aussi une façon de garder une intimité. se raconter en vérité c'est complétement se dévoiler.
RépondreSupprimerà la nudité je préfere le voile, la vérité est là mais habillée comme lorsqu'on se regarde dans une glace... les vetements cachent les imperfections et les cicatrices et cela devient notre image du jour. la nuit tous les chats sont gris. La vérité est ce que l'on perçoit ce que l'on nous donne c'est comme un bouquet de fleurs il nous semble aussi plus joli dans sa présentation.
Continue à donner envie dit moi que la météo est clemente comme les dublinoises sont belles :-) et je serai bientot là !!!
Machezal DAD