Bon après une matinée horripilante au collège Louis Aragon à Vénissieux, un bel exemple de "zone d"éducation prioritaire" comme on en voit au journal télévisé de 20H... J'ai bossé comme une forcenée tout l'après-midi !
Et quatre cases cochées sur ma liste (oui j'aime bien me faire des listes avec des cases à cocher, c'est plus propre que de rayer je trouve... non, c'est faux, je ne suis pas une seule seconde une névrosée des listes !). Quatre ! Il n'en reste plus que seize, chouette !
Mais pourquoi donc vous-dites vous ? Alors qu'au contraire, j'aurais dû rentrer exténuée, excédée, avec l'envie de tout envoyer promener !
C'est simple, ce midi, en quittant le boulot, j'ai pris ma voiture et alors que je voulais m'allumer ma traditionnelle clope-détente qui me permet d'évacuer en fumée tout le stress accumulé dans la matinée, je me suis rendue compte qu'Abdel ne m'avait pas rendu mon seul et unique briquet ! Abdel est bien évidemment un collègue et non pas un élève... Ma voiture n'ayant pas d'allume-cigare, je me retrouvais confrontée à moi-même très énervée...
Et là, ce fut la révélation !
Il est tout simplement hors de question que je fasse une quatrième année en tant que surveillante à Lyon. Biensûr il y a les congés payés, les horraires scolaires, l'équipe sympa si on oublie deux ou trois personnes qui me tapent grave sur le système et ont le don inouï de me gâcher ma journée en deux secondes, mais bon il y a aussi tout le reste.
Le reste qu'est-ce que c'est ?
Les profs snobs qui t'ignorent et/ou te traitent comme leur larbin, Mme D. qui depuis trois ans me pourrit littéralement la vie (une garce inhumaine camouflée dans une frêle carcasse d'1m50), les collègues de boulot sans cesse absents, les profs eux aussi absents, à la différence qu'eux ne te préviennent pas (bah trois classes en permanence, pas de souci, les pions sont là pour ça, non ?) et au sommet de la pyramide, tout en haut 10% des élèves.
Certes, me direz-vous, ce n'est que 10%, ça veut dire que 90% des élèves sont des adolescents normaux, sympa même, voire agréables.
Mais ces 10%, c'est ceux auxquels tu te frottes tout le temps, ceux qui te collent, te suivent, te harcèlent, t'insultent, te crient dessus, se foutent de ta gueule, t'ignorent, t'esquivent, te cassent un doigt, te volent ton portable, te font courir, te répondent, te provoquent, te saoulent toute une heure d'étude, te parlent comme à un chien, te taxent des clopes, critiquent ta coupe de cheveux, te demandent si tu es enceinte, te disent que tu as trente ans, ne comprennent pas les verbes se taire, chuchoter, changer de place, sortir, donner son carnet, qui sont toujours collés mais ne viennent jamais, te demandent dix fois par jour la même chose, te mettent leur musique à fond dans la salle de permanence, te jettent des boulettes de papier, te méprisent, te font sortir de tes gonds, t'empêchent de réviser, se battent, te bousculent, te font re re re re re répéter, te demandent innocemment pourquoi tu t'énerves, te montrent du doigt en rigolant, te contredisent sans cesse même si tu les as pris en flag', te sortent des excuses inimaginables, crachent à tes pieds, te roulent presque dessus avec leur vélo, te donnent des ordres, refusent de rentrer quand ils ont cours, refusent de sortir quand ils ont terminé, jettent des boules puantes dans votre bureau, te mordent, te défient, te prennent vraiment, mais alors vraiment, pour un con, te mentent, t'accusent, te soudoient, mettent le feu au collège, défoncent les murs à coup de coup de poing, cassent les vitres, jettent les chaises par la fenêtre, déclenchent six fois en quatre heures l'alarme incendie, te font tout simplement halluciner.
Tout est véridique, et il faut le vivre pour comprendre. Et j'en oublie sans doute des tas.
Le fait est que j'aime mon taff, je l'adore, ça fait quatre ans que je suis pionne et franchement je me considère comme une privilégiée, une nantie, c'est juste que voilà, j'ai atteint ma limite.
Je suis périmée, j'ai dépassé ma date d'utilisation, et maintenant je vire aigrie, et ça dans le social ça craint !
C'est pour ça qu'il me faut absolument une pause, et une pause hors des frontières françaises, parce que le ras-le-bol, c'est pas qu'au collège, c'est une sensation assez générale. Mais il y a un remède, partir pour oublier tout le mauvais et revenir en ne se souvenant que du bon.
Ca marche comme ça la mémoire, avec le temps, on ne retient que le meilleur. En tout cas, moi, je fonctionne comme ça, et les mauvaises expériences ne deviennent qu'un vague souvenir flou dont on n'arrive plus vraiment à se souvenir des tenants et aboutissants.
Enfin bref, tout ça pour dire que finalement plus que l'Irlande, c'est le "pas Lyon" qui me motive. Tout est dans la nuance.
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Un doute m'assaillit et me trouble...
RépondreSupprimerIl y a une Date Limite de Consommation sur les jeunes femmes qui écrivent des blogs?
Mais comment se fait-ce?
Du coup,j'ai pris une sérieuse décision: j'ai fait le tour de moi-même...
Et bonne nouvelle: je n'ai pas de date tatouée sur les fesses, sous un pied ou derrière une oreille!
Aussi, je ne suis pas certain que tu en aies une aussi (encore que, sait on jamais, mais une certaine moue dubitative sur mon visage me laisse à penser que non)
Mais c'est la fraîcheur qui permet aux fleurs de perdurer!
yellowstom> je ne suis pas périssable en tant que bloggeuse, quoique... mais bien en tant que surveillante, disons que je dois vite changer de boulot, de ville, et pays même ! Je dois me renouveler, voilà sinon je vais tourner au vinaigre, voilà ce pour quoi il ya une date limite...Enfin je crois...
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