mardi 12 mai 2009

039- Alea jacta est

J'ai toujours eu l'impression qu'être organisée simplifiait les choses. Sauf que lorsque l'on n'est pas spécialement doté d'une logique exceptionnelle, l'organisation qui en découle n'est pas forcément un avantage, ni même un gain de temps.

Je fais partie de ces personnes qui ont leur organisation propre et pleinement personnelle, personne n'irait essayer de l'imiter tant elle n'a de sens que pour soi-même. La manière dont mon esprit ordonne et range les choses est loin d'être évidente pour le tout à chacun, je dirais même plus, c'est bordélique au premier abord.

Déjà, je suis la reine des listes. Mettre les idées, les choses, les trucs, les machins, les uns en dessous des autres, et avoir du coup une vue d'ensemble, me rassure. Cependant, mes listes ne sont pas le moins du monde thématisées ni même hiérarchisées. C'est à dire qu'au même titre que "passer aux Assedics" et "faire les courses" on va trouver "réviser les partiels", "perdre cinq kilos", ou encore "éditer une playlist sur deezer". Vous voyez à quel point les envergures sont différentes, l'importance variable, et surtout la nécessité plus ou moins certaine.

De plus, j'ai un énorme défaut... Le fait d'avoir établi une liste en bonne et due forme, et bien cela me donne l'impression d'avoir déjà accomplit une grosse partie de la tâche, alors que tout, absolument tout reste à faire. C'est un vice de procédure, je me berne moi-même, je m'auto-rassure... En définitive, sereine et confiante en l'avenir, je prends mon temps, en perds aussi beaucoup en futilités telles que les papotages sur msn, les séries en streaming, les soirées chez les potes... Et je me retrouve inexorablement au pied du mur, un mur énorme pour le coup, quasiment infranchissable.

Je fais partie de ces personnes qui sont incapables d'être prévoyantes, de s'avancer, de préparer à l'avance... Non j'accumule tout le boulot jusqu'au moment fatidique où je me retrouve littéralement submergée par une avalanche de dissertations, de rendez-vous, de dossiers, d'oraux, etc.

Mais cela se justifie en partie par le fait que tant que je ne suis pas à l'extrême limite, tant qu'il me reste encore un peu de délai, mes capacités ne sont pas optimales. Je le jure, c'est dans l'urgence la plus totale que je deviens réellement brillante et efficace, d'où le fait que j'ai toujours mieux réussi mes devoirs sur table en un temps limite que ceux à la maison donné des mois auparavant (que j'écris de toute façon, la veille pour le lendemain en général).

Et pour illustrer ce fait, il n'y a qu'à observer la manière dont je me réveille le matin. De deux choses l'une : soit je me lève à l'heure (n'ayant fait sonner que deux ou trois fois mon réveil) et je mets une éternité à émerger, à me préparer et à être prête et du coup mon avance se transforme en retard, parce que pensant avoir le temps, j'en ai trop pris justement...Soit, et c'est le cas le plus courant, je me lève à la bourre (mon réveil a sonné au minimum sept ou huit fois) et tout devient automatique, le choix des vêtements, le maquillage, la préparation de mon sac, et dans cet empressement, je finis par décoller à l'heure, voire même, comme ce matin, avec cinq grosses minutes d'avance.

Donc voilà, je fonctionne dans ma vie comme je me réveille, à la dernière minute, mais sans bâcler, quoique parfois...

Mais c'est vrai qu'avec une pareille attitude, je me retrouve facilement dans des galères phénoménales, comme actuellement, où ma faculté a réouvert et que les partiels arrivent subitement alors que je n'ai même pas encore lu les bouquins à étudier...

Et dans des cas comme ceux-là, je bénis trois choses : mes amis, mes listes, et ma mémoire.

Alea jacta est !

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