On croisait, il y a encore peu de temps, des teenagers tektonik à Hotel de Ville, une ribambelle de jeunes habillés en noir et fluo, avec des têtes de morts à paillettes sur leur tee-shirt, des chaussures à carreaux, et la fameuse mèche engluée de gel plaquée sur leur front boutonneux.
Mais quel dommage que cette mode ait été si éphémère !
Cependant, je ne souhaite pas aborder le thème des modes "éclair", bien que ce serait un vaste sujet nostalgique : on se souvient tous du bandana, des pantalons fuseau avec l'élastique qui nous passait sous le pied, des chaussures compensées, des jogging avec des pressions tout le long de la jambe, des tee-shirts waikiki... Bref.
Non, en réalité, je souhaite plutôt papoter du phénomène de bande, l'impression qui émane d'elles quand on les observe de l'extérieur.
Je commencerais par classer les bandes en trois catégories : celles de filles, celles de mecs et enfin les mixtes...
Car finalement, peu importe que la dite bande soit plus skateurs, babos ou encore sportifs, ce qui compte c'est bien le sexe des gens qui la composent, car c'est cette composition qui régit le fonctionnement et non le fait qu'ils aillent en festival ou en weekend rafting.
Mon dieu, serais-je en train d'avancer que notre genre influence plus notre comportement que notre appartenance sociale...! Sans hésitation, je réponds "oui!".
Commençons donc par les bandes filles. On les entends avant même de les voir, leurs rires stridents annoncent de manière invariable leur venue imminente. Et pour reprendre la théorie de Barney (How I Mer Your Mother), quand on les aperçoit vaguement de loin, c'est toujours assez joli, ça forme un bel ensemble harmonieux, mais quand on les prend au cas par cas, ce n'est plus la même chose, la déception est souvent cruelle. Et puis, encore faut-il réussir à les isoler les unes des autres quand elles semblent toutes sortir du même moule, chacune étant une actualisation plus ou moins réussie du même canon de mode.
Quant aux bandes de mecs, c'est à peu près le même topos. Bon, en ce qui les concerne, ce ne sont pas des sons aigus qui les annoncent mais plutôt des rires graveleux et des bruits sourds de coups brutaux assenés "amicalement" dans le dos. La fameuse bourrade virile ! Même si, malgré tout, en ce qui concerne la gente masculine, on se doit de tempérer nos propos... En effet, les mecs étant tout de même d'un naturel plus "sportif" que les nanas, on croise aussi pas mal de bandes qui se contentent de zoner en faisant deux trois figures de skate, ou en échangeant des passes.
Le problème restant le même : en soirée, ces bandes sortent pour chasser, draguer, sauf que justement, ce phénomène de masse décourage sans doute les plus vaillants d'entre nous. C'est quand même vachement plus dur d'accoster un mec qui est au milieu de six autres mecs, qu'un qui discute tranquillement avec un pote. Bref, eux/elles ça les stimule, ça leur permet de se faire remarquer (en bien ou en mal d'ailleurs), mais nous, ça nous les rend inaccessibles. Ou presque, on peut toujours guetter un isolement ponctuel et sauter sur l'occasion...
Ensuite, les bandes mixtes. Celles-là peuvent se subdiviser en sous-catégories : les bandes mixtes avec quasiment autant de garçons que de filles, et les bandes mixtes avec une grosse majorité d'un sexe et un petit groupuscule, voire un seul représentant de l'autre. Dans tous les cas Attention ! ce genre de bandes c'est de la nitroglycérine à l'état pur. S'il y a toujours des conflits au sein des bandes, ceux dans les bandes mixtes sont pires, parce qu'en plus des conflits habituels de rumeurs, de ragots, de coups bas, il y a les sagas amoureuses. Quand vous vous attaquez à une proie appartenant à une bande mixte, vous avancez en terrain miné.
Bah oui, la personne que vous convoitez a, à tous les coups, un(e) ex dans la bande, un(e) amoureux(se) secret(e) qui attent son heure, un(e) meilleur(e) ami(e) avec qui elle entretient des relations litigieuses... Les ennemis sont partout, et vous ne pouvez pas tous les repérer d'un coup.
Comme vous avez dû le comprendre, je ne suis vraiment pas fan de ces "mini sociétés". Au lycée, j'en avais une évidemment, c'est une étape de vie, mais avec du recul, je me rends compte que ce microcosme nous coupait du reste du monde, nous rendait plutôt sectaires et intolérants et qu'il n'était pas toujours facile d'assumer son appartenance.
Aujourd'hui, j'ai différents cercles d'amis, mais pas de bande, on commence souvent la soirée à deux ou trois, et ça peut se finir à dix, comme tout seul. Je n'aurai pas la prétention d'affirmer que c'est la meilleure manière de vivre, qu'au moins on est libre et qu'on n'a pas de compte à rendre, qu'on n'est pas obligé des fréquenter des gens qu'on apprécie moyennement, que chaque soirée ne nécéssite pas une organisation de malade, etc... Et pourtant, je le pense, les bandes c'est quand même le lieu le plus propice aux conflits, à l'hypocrisie, aux "cassages de sucre" dans le dos, aux obligations sociales de merde comme inviter machin parce que sinon truc fera la gueule, et enfin à la lobotomie à petite échelle dont les premiers symptômes sont évidemment les private jokes connues par tout le groupe.
Ah ! et petite note finale : autant la seule fille d'une bande de mecs est 100% hétéro, et bien qu'elle se prétende garçon manqué, c'est en réalité une femme en puissance, maitresse d'un harem qu'elle mène à la baguette en usant sciemment de ses atouts féminins, justement... Autant le seul mec d'une bande de filles est 100% homo, car seul un mec n'ayant aucune attirance pour la gente féminine et le football a droit à ce privilège : comprendre les nénettes !
Etrange non ?
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Les clichés ont la vie dure...:p
RépondreSupprimeretioun> il n'y a pas de fumée sans feu... si les clichés sont aussi vivaces, c'est bien qu'on les croise plus souvent qu'on ne l'admet ^^
RépondreSupprimerObjection! Je suis hétéro et j'ai un groupe d'amis dont je suis le seul mec hétéro (il y a un homo aussi).
RépondreSupprimerJ'ai tendance à faire dans le communautarisme, mais dans plusieurs microcosmes...
Mais j'avoue que les groupes avec la meufs "garçon manquée", gaulé comme une déesse, traîne une armée de mec regroupant les ex, la famille et ceux qui veulent se la faire...
A quand un sujet sur la blonde à gros chien?
Effix> Mais en tant qu'hétéro, quel intérêt trouves-tu à ne fréquenter que des nénettes ?
RépondreSupprimerIl est certain que draguer en bande est franchement impossible...
RépondreSupprimerQui plus est, lorsque tu te promènes en bande, tu penses plus à t'amuser qu'à draguer!
Mais je crois que les bandes mixtes peuvent être sympas, plus intéressantes parce que évitant à la fois les glousseries de dindes, et les beauferies de balourds!
Et qu'il est par contre nécessaire de les passer de temps en temps à la centrifugeuse pour en extraire les exs!
Et pour le fameux mec 100% homo dans un groupe de fille, je citerai Alfred Capus: "Il faut choisir entre aimer les femmes ou les connaître, il n'y a pas de juste milieu."
Et étonnament, ce n'est pas aussi mysogyne qu'il n'y paraît si on recherche le fond!
yellowstom> quelle culture, tu trouves toujours une citation, tu m'impressionnes, tu sais ?!
RépondreSupprimerMais c'est normal! Je suis aussi une bande de jeunes!
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