Les enfants sont vraiment des êtres fascinants.
Tout d'abord il y a leur spontanéité. Les enfants étant amoraux, c'est à dire n'ayant pas encore des notions bien distinctes et définies du bien et du mal ( et non pas immoraux, attention à ne pas confondre ) ils ne sont pas encore guindés par toutes les règles sociales et disent ce qu'ils pensent, comme ils le pensent, au moment où ils le pensent... Sans avoir ne serait-ce qu'une fraction de seconde l'intention de blesser, ou encore de nuire ou de mettre dans l'embarras.
" Mémé elle pique, je ne veux pas l'embrasser "
" Non je ne peux pas vous passer Maman au téléphone, elle fait caca "
" Tu sais des fois, bah moi j'ai le zizi tout dur "
Ensuite, il y a leur curiosité "à l'état pure". Un enfant découvrant chaque jour un peu plus le monde et toutes les choses saugrenues qui le composent n'a pas encore de standards, de normes. On pourrait avancer sans trop se tromper, que si par exemple un enfant voyait un jour son père entrer en volant dans la cuisine, il se contenterait de dire à sa mère, sans la moindre frayeur, juste intrigué " Oh, regarde maman, papa vole ". Alors que de son côté, la mère paniquerait de cette entrave à son système de normes et penserait perdre la tête, ou encore être face à un phénomène "paranormal" justement.
Il y a aussi leur innocence, à quel point ils prêtent foi aux paroles de l'adulte. L'enfant, comme le qualifie Nietzsche est un "chameau", c'est à dire docile, et pouvant à l'instar d'une éponge absorber une quantité très importantes d'informations. Ainsi, ils croient à la petite souris qui vient chercher sous notre oreiller des dents de lait et déposer une pièce en échange, ils croient qu'à chaque cuillère de soupe avalée ils grandissent un petit peu, ils n'envisagent pas une seule seconde que l'adulte puisse leur mentir. Ainsi, on peut les voir accepter des explications farfelues telles que...
" Tu sais tes carottes seront tristes et très jalouses si tu ne manges que les petits pois "
" Attention, si tu louches et qu'il y a un courant d'air, tu vas rester bloqué "
" Méfiez-vous, j'ai des yeux derrière la tête et même si j'écris au tableau, je verrais qui fait des bêtises "
Mais à côté de toutes ces particularités propres à l'enfance qui en font d'excellents candidats pour avoir une imagination fertile et débordante et qui leur permettent de s'amuser d'un rien. Observez attentivement une cours de récréation de maternelle, la plupart du temps, leur activité favorite est de courir, ils rigolent comme des fous de traverser la cour comme des petites bombes.Oui, à côté de toutes ces caractéristiques, l'enfant est d'ores et déjà un adulte en devenir, est d'ores et déjà une personne à part entière avec son caractère propre.
C'est pourquoi, tout comme avec les adultes, on a un feeling immédiat avec certains mômes et d'autres avec qui cela ne passe définitivement pas. C'est assez absurde en soi, mais complètement vrai, déjà à 3 ans, ils y a certains gosses avec qui vous accrochez et d'autres non et vice versa, eux-mêmes du haut de leur trois pommes, vont se sentir plus à l'aise avec certains adultes qu'avec d'autres.
Et puis il y a leur mimétisme, la manière dont ils imitent spontanément les grandes personnes. Dans leurs expressions orales " Ah bah formidable, tu as renversé ton verre d'eau dans mon assiette, bravo ", ou encore dans leurs jeux de rôles ""On dira que toi tu es la maman et tu appelles le papa au travail ", dans certaines de leurs attitudes comme quand ils marchent avec les chaussures à talons de maman. Bref, instinctivement, ils sont mus par leur aspiration à grandir, à devenir un monsieur ou une madame.
Et pourtant, c'est un monde bien doux que celui de l'enfance et les sacrifices et les déceptions seront énormes et nombreux avant d'atteindre la maturité. Gad Elmaleh le dit d'ailleurs dans un de ses sketches " un enfant de six ans, ça parle comme un mec bourré ", et oui les enfants sont ivres au naturel, la vie n'a pas encore eu le temps de jouer son rôle de cellule de dégrisement.
Bref, tout ça pour dire, qu'après quatre années à côtoyer des adolescents en crise, j'apprécie vraiment de retrouver la candeur de l'enfance et que chaque journée de travail passée avec eux est comme un aperçu du paradis perdu.
L'Éden c'est l'enfance et nous en avons tous été expulsés quand nous avons croqué le fruit de la connaissance.
dimanche 23 mai 2010
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Oui mon Peter pan .... Voir ma fée clochette... Tu es bien au pays imaginaire... Trop bien et trop belle...des ailes te pousseraient elles ?
RépondreSupprimerProfites de ces petits rosbifs et profites des us et coutumes locales.
Machdad from the old continent
Levée tôt, je prends le temps de lire à nouveau ton blog. Comme, je te retrouve ! Pour ne pas répéter le commentaire de ton papa auquel j'adhère dans son ensemble. Je voudrais te dire à quel point ton écriture s'affirme, se confirme et l'on sent l'analyse sociologique avec toute ton humanité,ta sensibilité : ton grand coeur ! C'est limpide, agréable à lire. Oui, c'est vrai que l'innoence de l'enfance apaise et relativise le quotidien avec nos ados en crise. Voir nos propres enfants devenir adultes et capables de relire aussi finement cette contruction de la personne, l'être en devenir. Cela confirme mon adhésion à la thèse de Meirieu : le postulat de l'éducabilité de TOUS ! ERIENTANT, USANT, mais ô cmbien PASSIONNANT ! Bisous de ta Mum
RépondreSupprimerContente de vous retrouver tous les deux ici...
RépondreSupprimer