vendredi 6 mars 2009

003-Private Joke

Je n'ai plus d'appartement, c'est la conséquence d'un enchaînement peu commun d'évènements peu ordinaires, mais ça serait trop long à expliquer cette fois-ci, alors laissons planer le mystère...

Le mystère, c'est un truc qui fonctionne plutôt bien pour fidéliser son lectorat, non ?


Sur cette "digression" (comme ne cessait de dire et de faire M.XXXX, mon bien aimé professeur de littérature comparée), revenons à nos moutons, parlons du squat, parce qu'inutile de modérer mon langage, c'est bien de ça qu'il s'agit.

Je suis un parasite, je ne peux vivre par moi-même, pour me développer je dois être rattachée à un autre être humain, autrement dit, si je ne veux pas me taper deux heures de route matin et soir, ou dormir sous un pont, il me faut une âme charitable qui m'ouvre sa porte.

La pauvre vous dites-vous... Puis un sentiment de pitié à mon égard vous envahit, vous songez à envoyer des dons, à monter un collectif humanitaire pour me venir en aide...

Je vous arrête tout de suite, je ne suis pas à plaindre, loin de là.

On imagine bien mal à quel point la vie de baroudeuse est trépidante, à quel point on peut en profiter et en tirer partie à tous les niveaux.

Il y a une demi-douzaine d'endroits accueillants dans lesquels je peux débarquer à l'improviste, où je me sens bien, et qui ont chacun leur particularité.

Pour ne citer brièvement que quelques exemples, j'ai appris chez les uns et chez les autres à jouer à la coinche, à monter sept étages sans ascenseur, à surfer (sur internet). Et ce n'est que le côté didactique, il manque l'essentiel le côté chaleureux : suivre chaque semaine une émission hebdomadaire pourrie, genre "maman cherche l'amour" pour s'en moquer, ou encore suivre un parcours fléché de petits mots qui te guident à travers un appartement qui n'est pas à toi. Les soirées fondues, les soirées séries, les soirées papotages, confidences, confessions...

C'est sans aucun doute l'expérience humaine la plus enrichissante que j'ai vécue jusqu'ici, certes tu n'as pas de chez toi, mais tu as plein de chez eux, et eux ils sont géniaux, inestimables, tous diférents mais avec pour point commun ce sens de l'acceuil de l'autre.
Je n'ai rien à envier à Antoine de Maximy (J'irai dormir chez vous), et moi aussi je prouve que dans ce monde individualiste, il reste encore des êtres irréductibles doués d'humanité.

(C'est un peu une sorte de TV réalité, mais vraiment réelle, chaque soir j'entre dans l'intimité d'une vie, et avec le temps, j'en comprends les private jokes. C'est une sensation que je tenais à faire partager, mais je ne savais pas comment l'amener, alors je la mets entre parenthèses.)

Mais, car il y a toujours un mais, être sans cesse en vadrouille, c'est aussi se sentir un peu paumé(e), un peu seul(e), même au milieu des autres gens, c'est la liberté dans toute sa terrifiante splendeur.

C'est pourquoi, depuis bientôt deux mois, j'ai plus ou moins posé mes valises (enfin ma valise et ma multitude de sacs carrefour) dans une chambre de 15m²... Ca fait du bien, d'avoir son petit bout d'étagère à soi...

En revanche, terminé, je n'échappe plus aux corvées quotidiennes telles que le ménage, la cuisine, la vaisselle, le rangement comme quand j'étais un courant d'air.

Alalalalalala, je n'aurais jamais cru le dire un jour, mais qu'est-ce que ça fait du bien !

En tout cas une chose est sûre, les expériences forment la jeunesse et rendent la vieillesse plus supportable.
Plus tard, j'aurai des tas de choses à raconter, et je les raconterai à ma manière évidemment !
Big Fish pourrait avoir sa version française, Gros Poisson, à travers moi !

2 commentaires:

  1. La culpabilité est mon amie!
    Tu peux venir chez moi, même si on fait rien... Ne l'oublie pas!

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  2. Delph> arrête avec cette culpabilité, la seule chose dont tu devrais te sentir coupable c'est d'être plus grande que moi en taille et en bonnet alors que je suis ton ainée, mais où est le respect !

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