Ça y est, je sors enfin de ma torpeur estivale.
La fraicheur pointant de nouveau son nez à Dublin, mes idées reviennent peu à peu en place et voici venu le temps des relectures afin d'entamer un nouveau départ.
Étant étudiante, et ce depuis quasiment 20 ans, la rentrée de septembre a toujours été un moment bien plus important et crucial que le passage à la nouvelle année. Ce neuvième mois de l'année étant porteur de bien plus de promesses, de défis et de résolutions que la fête de la Saint Sylvestre.
Alors puisqu'il est temps de faire un bilan sur cette année 2010, je dirais qu'un mot s'impose afin de définir l'année scolaire précédente, paradoxale.
En effet, j'ai l'impression d'avoir été ballotée d'un antipode à un autre, d'avoir vécu de grandes joies comme d'immenses peines, d'avoir perdu des amis de toujours tout comme j'en ai retrouvé certains de jadis, j'ai été extrêmement déçue et peinée par certains comportements, mais aussi fortement émue et touchée par d'autres.
Cette année est pour l'instant et sans équivalent aucun la plus intense que j'ai jamais vécue.
Sans doute cela est-il lié au fait que j'y ai fait ma plus grande expérience de vie, à savoir partir à l'inconnu et tout recommencer à zéro dans un nouveau pays, loin des siens, avec une autre langue.
Sans doute cela est-il lié au fait que j'ai croisé l'amour au détour d'une avenue de Dublin, alors que je ne m'y attendais pas.
Sans doute cela est-il lié au fait que j'ai définitivement perdu une amie qui m'était chère.
Les raisons sont multiples, et les conséquences encore plus, ma vie a complètement changé de visage, je ne la reconnais plus, je dois me réadapter, dompter ce nouvel univers qui est désormais le mien chaque matin.
Ainsi va la vie, n'est-ce pas ? Et sans doute de grands changements, aussi douloureux soient-ils, valent mieux que la morne monotonie qui nous tue peu à peu quand on n'ose bouleverser son quotidien.
La vie est comme un grand arbre, chaque choix que l'on fait est une ramification qui nous éloigne de la sécurité du tronc pour nous mener tout en haut, à la cime, où la vue est exceptionnelle, mais la chute mortelle et la solitude plus tenace.
Chaque choix est un sacrifice et une opportunité en soit, c'est le dilemme même de notre évolution. C'est ce qui nous rend si indécis, si récalcitrants à la prise de décisions, si frileux à avancer. Nous avons peur de l'erreur fatale, de s'accrocher à une branche pourrie qui se brisera avant que l'on ait pu atteindre le sommet, nous emportant dans sa chute.
Mais, quoique l'on fasse, qu'on choisisse malgré tout de tenter l'ascension de cette arbre millénaire qu'est l'humanité, ou que l'on décide de rester chaudement blotti dans le tronc, septembre nous perturbe.
lundi 23 août 2010
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